Trouver en soi le courage du marathonien

 senior-skateboardBonjour à tous !

 Par ce dimanche matin radieux (quel soleil ici, en Bourgogne !), j’avais envie de vous parler d’un sujet un peu ouhlala. Comme ça, le soleil aidera à faire le contrepoids.

 Quand on parle de fortifier ses ailes, évidemment, on parle de se heurter par périodes à des aspects plus ardus de la vie, et de trouver le moyen de composer avec sans s’effondrer, ni renoncer, tout en progressant et en évoluant. Ce que j’avais envie de soulever ce matin, c’est le tapis des certitudes.

 Mon propos s’adresse ici à ceux d’entre vous qui ont accepté de faire du développement personnel un allié et qui ont fait déjà ce qu’on appelle du « travail sur soi ». Visiter ses anciennes blessures, les guérir, etc. Que vous soyez dans ce chemin juste pour vous-même ou que vous l’ayez emprunté pour devenir un accompagnant, ou un thérapeute (psy, coach, etc.) : même combat, vous êtes concerné tout pareil par ce que je vais décrire là.

 Après avoir fait pas mal de travail sur soi, vient une période où l’on ressent mieux nos nouvelles ailes. Quelque chose a changé en nous, et nous commençons à le ressentir vraiment, au quotidien. Ça, c’est quand le travail a été pertinent. Cette période est un profond soulagement. Nous prenons peu à peu la mesure de notre place, plus authentique, plus juste, et nous ressentons un meilleur accord général : avec la vie, avec les autres, avec nous-même… Ce temps béni d’actualisation de notre potentiel est important sur le chemin. Le risque, c’est de se croire « arrivé ».

 Tous les courageux du développement personnel vivrons ça : ce moment où l’on se dit « oh, ben ça y est, ce trauma j’en suis venu à bout ! », ou bien « moi, maintenant, je peux accompagner les autres et j’en suis au stade où je n’ai plus besoin d’accompagnement ! ». Ce moment-là représente une chausse-trappe, et nous en ferons tous l’expérience.

 Parce que tôt ou tard, surviendra quelque chose que nous n’attendions plus : le mouvement intérieur va sembler repartir vers le bas, comme la grande roue de la fête foraine qui, une fois arrivée en haut, redescend fatalement en direction du sol. Et ce que nous allons rencontrer là, de nouveau, généralement, nous n’en avons plus envie : les mêmes sensations pénibles vont sembler revenir, des comportements que nous avions cru résolu, des résistances intérieures par paquets de douze, des émotions (encore !) et parfois intenses… « Mais comment donc ? », nous dirons-nous dans le secret de notre cœur, « il restait encore toute cette souffrance en moi ??? ». Sidération, étonnement.

 Oui, bienvenue dans cette drôle d’étape : celle où nous apprenons que ce chemin n’est pas d’ordre linéaire : « je traite => je guéris => c’est fini » mais suit plutôt une forme spiralée. Les mêmes secteurs se revisitent par périodes rotatives, jamais tout à fait les mêmes (ce sont en réalité des couches de plus en plus profondes de la mémoire du corps). Pour nous, cela signifie sortir de la croyance que « c’en est durablement fini » mais accepter que cela puisse encore se poursuivre sans que nous sachions combien de temps. Etape par étape, strate par strate.

 Nous fortifions nos ailes, véritablement, le jour où nous acceptons humblement la manière dont la vie se dénoue en nous. Ce mouvement spiralé, fait d’alternance entre moments de prise de conscience et de libération, puis de soulagement plus joyeux, est le même pour tous.

 Je vois tout cela dans ma clientèle depuis de nombreuses années. Des praticiens en psy qui se disent surpris de contacter en eux de grandes zones enclavées de souffrance, qu’ils pensaient avoir complètement traitées, des personnes lourdement traumatisées dans l’enfance qui pensaient, après 30 ou 40 ans de travail intérieur, avoir enfin « fait le tour » de ce sujet pénible… Et voilà qu’il reste des petites choses qui se présentent pour être libérées, comme un énième écho de ce passé lointain.

 N’ayez pas peur de cette réalité. La vie suit une logique saine, et puissamment équilibrée. Nous vivons ces séquences dans le meilleur ordre possible pour nous. Apprenez seulement à vous choyer dans les périodes où vous verrez venir le discours intérieur « moi j’en ai fini avec tout ça ! ». Généralement, c’est le signal que la période d’intégration précédente touche à sa fin, et que le mouvement suivant va s’amorcer. Mais cela sera toujours dans la limite de vos forces, de vos possibilités et pour votre plus haut bien. Faites-vous confiance, la vie qui œuvre à travers vous est profondément bienveillante.

 senior-balancoireL’attitude la plus saine, quel que soit notre démarche, reste donc toujours celle du marathonien plus que du sprinter : ne pas courir en « donnant tout » avec l’idée qu’on va se débarrasser d’un sujet vite fait, mais accepter plutôt que la vie prend son temps, que nous ignorons aussi la profondeur des choses déstabilisantes en nous, et que nous allons procéder pas après pas, acceptant humblement de remettre encore et encore notre ouvrage sur le métier, et profitant des moments de soleil pour aller recharger les batteries. Un tel état d’esprit nous garde alerte dans le temps, et vivant intérieurement.

 Et vous le verrez, vos ailes resterons souples tout en gagnant en force au fil du temps. Prenez soin de vous !

 Gaëlle

(photos : https://fr.pinterest.com/pin/38702878023264416/ et https://fr.pinterest.com/pin/456411743462554061/)

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