Entre espoir et désespoir, en plein milieu.

sapin-dans-la-nuit

Bonjour à tous !

J’ai retardé un peu ce moment d’écriture, vu la période actuelle. Mais ce soir, on dirait que je peux enfin écrire, transcrire le drôle de flot de ces derniers temps, avec des mots qui intègrent, assemblent et composent la toile de peintre. Je vous invite donc à une balade sensitive dans ce que ce début du mois de décembre semble nous proposer…

Je dis « nous » parce que visiblement il y a comme un thème collectif dans l’air. Si je devais le relier au plan physique, je dirais sans hésiter « zone intestinale », là où dorment et s’éveillent nos mémoires les plus anciennes. Si comme moi vous lisez des blogs ici ou là, cherchez par curiosité le champ lexical, le registre de vocabulaire employé… et vous verrez apparaître alors l’élément métal de la médecine chinoise : poumon / gros intestin semblent à l’honneur actuellement.

Si je devais relier cette ambiance à des émotions elles seraient ouhlala, profondes et noires : élan vital ou aspirations suicidaires, lâcher-prise ou rétention (constipation), culpabilités diverses… Les émotions du moment sont particulièrement noires je trouve. Et collectivement, certains jours cela donne le vertige à observer. Premier tour des régionales en France et repli sécuritaire, propos nauséabond du milliardaire Trump dans la campagne à l’élection présidentielle américaine… L’ombre pointe son nez, indubitablement. Et la sécurité, l’aspiration morbide à se mettre en cage en espérant être ainsi en sécurité, je vous le donne en mille : intestins, sacrum. Même zone du corps.

Si je devais relier cette ambiance à des situations mentales je dirais : rumination (refus ou peur de lâcher et de laisser partir l’ancien), morbidité (on reste sur des trucs pourri, mais au moins ça on connaît), abattement, essoufflement… Joyeux n’est-ce pas ?

Au plan spirituel (ceux qui me consultent régulièrement savent que le spirituel est le dernier des 4 domaines questionnés systématiquement en entrée de séance), je crois qu’il y a un thème de fond qu’on pourrait nommer espoir versus désespoir.

Vais-je donc vous faire un joli laïus sur le thème de l’espoir ? Tenez-bon les gars, accrochez-vous, vous avez une mission de vie, vous avez été préparé à cela, etc. ? Même pas. J’ai plus subtil à vous proposer.

Permettez que je vous raconte un bout ce que j’ai traversé récemment, histoire d’illustrer le propos.

Le jour où la branche s’est cassée.

Il y a 10 jours de cela, un lundi soir ordinaire en famille, j’ai senti brusquement que je n’y arrivais plus. Cela faisait des jours que tournaient dans ma tête tout un tas de considérations liées à la planète, au climat, à l’endormissement ambiant des individus, à la détresse quotidienne des uns et des autres… Et puis, une info a soudain cassé complètement ma balance. La radio venait d’annoncer que la Chine allait produire à grande échelle des vaches clonées de façon à nourrir sa population, cherchant ainsi à devenir autosuffisante. Le reportage ajoutait, cynique, qu’une grande entreprise chinoise avait déjà en vue le marché des animaux domestiques clonés, pour se faire plein d’argent. Brusquement, j’ai du m’asseoir, submergée par un chagrin ahurissant. Brusquement, l’espoir s’est cassé la gueule. En accueillant ce profond chagrin j’ai entendu en moi « ce chagrin est sacré, accueille-le comme tel ». Youpi. Après de longues minutes à pleurer, les mots me sont venus, évidents : « je n’y crois plus. L’humanité va se prendre un gros mur… et je ne crois pas en sa résilience. »

Que pouvais-je faire ? Me lever, me remaquiller et me répéter dans le miroir « ça va aller, t’es une guerrière, garde espoir, blablabla… ». Non. A ce stade il fallait prendre acte.

Les jours d’après

Le lendemain je me suis réveillée déprimée. Pas étonnant, mais je pouvais sentir que de l’énergie s’en allait massivement… J’ai identifié combien de temps ce dégagement prendrait : « réponse : 2 heures ». Je suis allée travailler, vigilante aux entretiens que j’avais à conduire ce jour-là. Et puis vers 11 heures, un échange avec une connaissance m’amène à lui raconter cette chute vertigineuse dans le désespoir. A ce moment-là, ma stabilité émotionnelle est profonde et calme et nous nous surprenons à en rire, même si mon amie me dit, les larmes aux yeux, qu’elle se sent touchée par le propos. Avoir laissé tomber tout espoir et se sentir bien… Surprenante expérience.

Durant 2 jours, je vais avancer ainsi, dans un état de paix de plus en plus grand. Tous les gens qui viennent à moi, je les accueille en n’ayant aucune attente, aucun espoir, aucune intention même de « soutenir » quoi que ce soit. Je laisse la vie couler. Et là où je n’attends rien, je vois des gens qui se prennent en main, qui me surprennent par leur propre mouvement intérieur.

J’ai voulu attendre avant d’écrire. Pour voir. Rendue au cinéma pour voir le fabuleux documentaire « demain », j’ai senti une fenêtre s’ouvrir en moi. Enfin des chiffres concrets sur l’ampleur des initiatives novatrices et bénéfiques pour l’humanité qui émergent localement partout dans le monde. Allez voir ce docu, il est fantastique ! Et puis la COP 21, et puis les régionales, et puis le quotidien…

Aujourd’hui, la branche qui semble avoir cassée il y a 10 jours n’est pas remontée dans l’arbre (tu m’en diras tant !). L’espoir n’est pas revenu, pas comme avant. Mais le désespoir n’occupe pas non plus toute la place. Un point d’unité intérieure est en train de se chercher.

La leçon du point zéro

Pourquoi je raconte cet épisode ? Parce qu’il est représentatif de la complexité du point zéro : pour trouver votre centre de gravité, peut-être que ce dont vous aurez besoin, dans cette période, sera de cesser de surfer vaillamment pour couler dans les profondeurs. Un excès d’espoir (ou espoir vaillamment chevillé au corps) cache souvent un désespoir profond, qui n’a pas droit de citer. En laissant entrer cette énergie puissante, un retour à l’équilibre s’entame. Le désespoir amène avec lui un ancrage dans ce qui reste, le présent, et une grande propension au calme. Inutile de courir, en état de désespoir. Et d’une certaine façon, cela repose nos forces. J’ai découvert que le désespoir avait aussi un côté bénéfique… Et qu’il nous fallait aussi l’apprivoiser.

En revanche, la fluidité doit rester de mise. Marcher dans nos ombres, oui, mais y rester ancré, non. Or, la période tourne autour de la difficulté à lâcher-prise, et de la propension à retenir… Vigilance donc.

Voilà ce que j’avais envie de partager ce soir : les émotions sont à l’honneur actuellement, si vous avez lutté pour tenir bon sans résultat probant, alors peut-être que vous pouvez essayer d’arrêter de tenir bon. Selon votre propre situation, l’espoir vous amènera au point d’équilibre, ou bien ce sera le désespoir qui vous y conduira. Apprenons à embrasser toutes les facettes du monde… Et la paix suivra.

Quelques pépites en résonance provenant d’autres blogs :

« Être capable de choisir des perspectives un peu plus positives, ou des pensées un peu plus douces (bref, être capable de «choisir le bonheur») est une grande chose. Mais être capable de permettre nos petites morts intérieures sans résister au mouvement est tout aussi sacré et important. Le paradoxe est qu’on est heureux – dans le sens le plus réel et profond du terme – seulement dans la mesure où on se permet d’accueillir les moments où on ne l’est pas vraiment. » Marie-Pier Charron, matin magique du 24/11/2015 intitulé métamorphose.

 ***

« Vivre l’émotion d’une manière physique, cela implique une présence corporelle très forte. Détecter une émotion très tôt, la sentir avant de pouvoir la nommer. Comment? Il y a un changement de rythme dans le corps. Il faut donc que le corps soit plus rapide que le mental. Le mental est un raconteur d’histoire assez mauvais, le corps lui est dans l’instant. Le corps ne connait que deux mots : oui ou non.
Ne pas observer les émotions de l’extérieur. Plonger dans le flux émotionnel. Nous sommes drogués aux sommets émotionnels. Rester dans l’émotion quand elle commence à diminuer jusqu’au point où elle perd son nom et tout d’un coup l’émotion se transforme en espace. Suite à cela, on ressent un profond calme.
Le cœur c’est l’espace. Les émotions positives ou négatives suivent le même parcours et finissent dans un profond calme. Perdre le contrôle des émotions induit la tranquillité et l’absence de peur. La peur de s’engager dans des choses très profondes disparaît. »

Laurence Gay, yogini et blogueuse, article yoga et émotions du 08/12/2015

***

Prenez soin de vous !

Gaëlle


A propos de l’auteur

Gaelle-BERNY-Automne-2Praticienne en médecines douces je combine la kinésiologie et le magnétisme pour remettre en équilibre les personnes qui me consultent, avec d’excellents résultats.

Plus d’infos sur mon site professionnel :  http://www.gaelleberny-magnetisme.com/


photo : (https://fr.pinterest.com/pin/368450813244437173/)

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