Le jumeau fantôme, mémoire de la patience.

jardin-hiver

Bonjour à tous !

Aujourd’hui, dans ce blog, je viens évoquer un drôle de piège auquel nous sommes tous plus ou moins confrontés. Parce que nous sommes humains, parce que nous n’avons pas non plus la « vision 360° » qui nous permettrait de ne pas nous prendre les pieds dans le tapis aussi… Ce piège se referme le jour où nous disons, généralement, une phrase du type « oh ! Cette vieille histoire ? Je l’ai guérie en moi, c’est totalement terminé tout ça ! Désormais, cela ne me touche plus ! ». Combien de fois depuis 10 ans que je fais ce métier ai-je entendu cela en clientèle ? Combien de fois des femmes (ou des hommes d’ailleurs) ayant subi par exemple des attouchements ou viols dans l’enfance m’ont parlé de ces traumas en précisant : « Mais c’est de l’histoire ancienne tout ça ! J’ai dépassé ce truc, j’ai fait 15 ans d’analyse et depuis je vais beaucoup mieux, vous savez ! ». En fait, la seule chose que je sais dans ces cas-là, c’est que le piège s’est refermé. La personne s’est laissée piégée, la douleur sous-jacente a composé-là, dans le creuset de son intérieur blessé, un léger verrou, une sorte de paravent.

Notez que je comprends cela, à merveille. Parce que je connais aussi le même phénomène et j’aimerais d’ailleurs, pour mettre en lumière cette mécanique, vous partager ce matin un autre exemple, tiré de mon propre chemin.

*****

Quand j’étais enfant, j’étais littéralement happée par une sorte de quête intérieure complètement dingue : partout et durant des années, j’ai cherché un jumeau. Quoique née seule, et sans aucune trace de jumeau à l’horizon, mon cœur a cherché ardemment un jumeau durant toute mon enfance. J’ai rêvé des années durant à ce jumeau, refaisant nuit après nuit le même rêve… Je l’ai cherché aussi inconsciemment dans le monde autour, m’entichant d’un garçon qui avait une sœur jumelle… Toutes mes amies d’enfance portaient le même prénom : le mien. Et cela, bien entendu, je ne l’avais jamais « vu », ni même mon entourage. En moi, c’était une espèce d’immense course en avant, de quête effrénée, qui m’emmenait je ne sais où. A l’intérieur, le cœur bien entendu était dévasté de tristesse…

Ce n’est que vers mes trente ans, quand j’ai fait mon école de kinésiologie que, lors d’une séance d’entraînement, une collègue m’a fait LA séance déclic. Je me souviens très bien de ce jour… Elle ne m’a rien dit, elle m’a seulement fait travaillé avec des chiffres (le 1 et le 2) et des images (où je me voyait en double, sans comprendre). Je quittais la formation juste après cette dernière séance et j’ai repris le volant. Sur l’autoroute, j’ai du m’arrêter. Toute l’information est remontée comme une bulle à la surface : les mots me sont venus, simplement « Peut-être que je cherche en fait un jumeau… Un jumeau qui serait mort in utero. Et personne n’en saurait rien, sauf moi et la mémoire cellulaire de mon corps… ». La douleur qui s’est invitée-là était inimaginable. Ce fût comme un éclatement d’un contenu qui patientait depuis plusieurs dizaines d’années. J’ai pleuré trois jours durant (ce qui fût gênant à gérer, évidemment…).

Rapidement, et parce que le courage est l’une de mes qualités aussi, j’ai fait face. J’ai repris le travail d’apaisement de mon corps et de mon coeur. En quelques mois je me suis sentie mieux. J’ai commencé à demander que le lien avec ce jumeau soit rompu : je me disais « ça y est, j’arrive au bout de ce pan de mon histoire, cela se termine… ».

Le « sujet du jumeau fantôme » durera encore plusieurs années, en réalité. Avec de nombreux moments où je me disais, moi aussi, que « ce traumatisme était derrière moi désormais ».

Je revois tout le chemin parcouru et je me dis que ce sont des blessures qui demandent du temps pour se remettre, car elles impactent tous nos schèmes comportementaux : reprendre appui sur soi-même, se voir enfin comme « n°1 », se sentir important parce que nous sommes unique tel que nous sommes… Autant de petits ajustements qui prennent le temps infini de la patience.

Il y a quelques années, je me souviens que la nature m’a aidée, un soir que mon corps vibrait bizarrement (il semblait grésiller, comme si sa fréquence électrique se trouvait déréglée) à faire un pas de plus en me disant ceci : « La mémoire cellulaire comporte encore la double fréquence, la tienne et la sienne. Tu reprends peu à peu ta place entière et cela occasionne des heurts dans ces espaces mixtes en toi. Il convient de faire cesser la deuxième fréquence… ». Ce qui fût fait, occasionnant un soulagement sans précédent dans ma vie !

Depuis, des années ont passé. Plus jamais je n’ai bronché à l’évocation du thème gémellaire lorsqu’il croisait mon chemin. Mais, l’expérience aidant, et peut-être la maturité aussi, j’ai laissé tomber l’affirmation « c’en est fini de cette histoire ! ». Au fond de moi, il y a une acceptation douce qui a remplacé cet élan à « se débarrasser vite fait du problème ». Un mouvement tranquille qui semble dire, à la place « si d’aventure il restait des choses à faire, je ferai, je serai là, je m’en occuperai, tendrement, et patiemment… ».

petitdej

Petit déjeuner un matin. Bol de Ricoré, musique de fond. Le bruit des cuillères qui tournent dans les bols… Et une discussion anodine qui dépose sur mon rivage le thème du jumeau. Petite lumière qui s’allume en moi. Et ces mots qui jaillissent dans ma tête « Oh, cela ne me fait rien ! Je suis complètement détendue ! Plus rien ne répond en moi… ». Silence. Le regard tranquille, celui qui est toujours détendu et calme, se tourne vers la petite voix… Qu’est-ce qui parle en moi ? Qu’est-ce qui a besoin de s’empresser de me dire cela ? Hum… Aujourd’hui sera une bonne journée : à l’écoute, à nouveau. On dirait que la suite est arrivée. Welcome, donc !

*****

Nos blessures sont des arbres. Notre courage en abat progressivement les branches, en coupe le tronc parfois. A ras du sol même. Mais en terre, les racines demeurent. Elles sont la zone qui vitalise l’arbre… Le temps du dessouchage vient à son heure. Il n’est pas infaisable, mais demande à demeurer présent et patient. Infiniment. Ignorant de l’heure, nous pouvons offrir à ce qui reste de nos blessures la tendresse de celui qui s’occupe et prend soin de son espace du dedans. La tendresse et la souplesse sont la clé. Encore, et encore.

Que votre journée soit douce…

Gaëlle


A propos de l’auteur

GBerny-022016Praticienne en médecines douces je combine la kinésiologie et le magnétisme pour remettre en équilibre les personnes qui me consultent, avec d’excellents résultats.

Plus d’infos sur mon site professionnel : http://www.gaelleberny-magnetisme.com/

Je prépare en outre actuellement un grand programme sur 6 mois, en collaboration avec les intelligences de la Nature, pour que chacun puisse en douceur ré-enchanter sa vie… A découvrir sur www.tourne-soleil.com


(photo : https://fr.pinterest.com/pin/167970261081063940/ et https://fr.pinterest.com/pin/519954719465554369/)

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3 réflexions sur “Le jumeau fantôme, mémoire de la patience.

  1. Ben du coup est ce que cela s’oppose ou vient complèter ta vision actuelle du « quand il n’y a plus rien à guérir »
    Tu vois, quelque chose en moi est dans une phase d’incompréhension du coup j’ai du mal à intégrer au point zéro ces deux notions opposée celle de « patience pour déraciner ce qui blesse » et celle de « s’ouvrir dans notre espace créateur et commander la guérison instantanée » il y a un truc qui cloche en moi , vois tu? Et pourtant quelque chose de plus profond approuve ces deux réalités (ha ha ?!?? J’adore ! Lol vient commenter ma part calme et rieuse) 😉 :-p il y a un joli truc en arrière plan merci pour ces partages

    Aimé par 1 personne

    • Tu vois à quel point « tu sais » ? En lisant ton commentaire, tout y est, la question ET la réponse :  » y a un joli truc en arrière-plan »… Oui, et en fait, tu ES ce truc en arrière-plan. Tu n’es pas ce que tu comprends ou vois, tout est la cause en amont. tu ES le truc qui se marre derrière, car tout ce qui est devant les yeux est projeté, comme dans un film… Regarde non pas le film, mais la source du film. Le point d’origine du faisceau. Cela se fait instantanément, et super tranquillement. C’est comme un léger décalage de la conscience.

      Après, mon expérience de tout cela (qui en réalité ne date pas d’hier, mais s’est juste approfondie d’un cran en lâchant un filtre de plus) me montre que le « switch » de regard est immédiat, mais l’enracinement du changement peut prendre un peu de temps car c’est comme un paquebot auquel tu coupes les moteurs : ce qui est éteint continue néanmoins, ce en quoi tu ne crois plus persiste encore à cause de l’habitude, c’est ta force d’inertie intérieure… Il y a donc besoin de réitérer la décision de changer de regard, oui. Jusqu’à ce que cela devienne à nouveau une habitude…

      Mais si tu écoutes, en vrai, tu sais tout ça. Ce qui se débat en toi, ce sont les « fausses constructions », les bidules avec lesquels tu as joué à autre chose qu’à être toi, qu’à être en paix avec tout, etc. Et même ces constructions pourries émanent du pouvoir créateur. Même source, qui s’essaie juste dans différents scénarii : avec ou sans amour. En unité ou en séparation. Juste deux options. Quand ce que tu vis ne te plaît pas, tu reviens juste à « je fais une expérience qui ne me plaît pas… Quelle décision ai-je pris pour vivre ça ? Unité ou séparation ? Amour ou pas ? Et qu’est-ce que je veux MAINTENANT. » et le regard change… Il glisse sur une autre fréquence.
      Des heures d’amusement en perspective miss ! A plus sur le chemin !
      Gaëlle

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