De la brume et du temps pour contempler le monde.

station-skiMarchant au gré des petits chemins, entre bruine et brouillard, je contemple. Le monde, les hommes, les sociétés du monde, les sociétés des humains. C’est en respirant dans l’air de novembre, et maintenant de décembre, dans une échappée belle renflouée de temps et de longues minutes, que je contemple tout ça. Et je me demande, pourquoi ça merde autant.

T’as envie de savoir, l’ami ?

Quelques impressions, en passant.

Je vois deux axes par lesquels nous venons collectivement à l’échec. Encore et encore. Deux axes qui renforcent nos incapacités de tous bords. Et font le lit de notre redoutable impuissance collective. Tu m’étonnes que ça tonne et que ça gronde dans les coursives ! Rien de tout cela n’est vraiment surprenant. Car tout nous y conduit, à bien y regarder.

Mais rassure-toi, l’ami, je ne viens pas faire une énième analyse politique. Parce qu’elle serait vaine, comme toutes les autres actuellement. Et écrire pour perdre mon temps, serait vain… Je préfère me rendre sur les chemins en forêt, ils sont plus savoureux et infiniment plus nourriciers à vrai dire.

Alors ce que je vais dire, prends-le comme une bouffée de ce matin givré de décembre, teinté de pluie qui vient te cueillir dans ta respiration. Un chatouillis au coin des narines, rien de plus. pas une obligation de signer ta carte de membre, tu vois ? Juste une petite touche de réflexion, en suspens, que tu pourras laisser s’évaporer après coup.

Deux axes abîment fortement nos élans dans la société qui est la mienne, mais malheureusement dans tant d’autres aussi actuellement… A croire qu’on se refile toutes les idées à la con. Elles essaiment depuis trop longtemps.

La première est la distorsion du langage et des méthodes de dialogue. Tout est tordu actuellement, dans une bonne partie des sphères touchant au collectif. Les mots disent l’inverse de ce qu’ils désignent « en vrai », les paroles mentent sur les intentions véritables… On dirait un (mauvais) épisode de la série « lie to me ». Dès l’école déjà, on dit des tas de trucs à nos mômes qui disent très exactement l’inverse de ce que c’est. On vit dans une société qui affaiblit notre entendement par la manipulation du langage et la génération d’un énorme nuage de confusion.

Voici comment le dépeint Anne Dufourmantelle après l’élection politique présidentielle en 2012 (source à la fin) :

Comment peut-on dépasser sa colère ?

On en sort par le langage, le dialogue avec l’autre pour obtenir la reconnaissance de la légitimité de son point de vue. Et là, nous nous heurtons à une difficulté pratiquement insurmontable dans notre société, c’est la perversion du langage. C’est moins des expressions que le sens des mots qui est retourné ou dévoyé. On dit «réaliste» quelqu’un qui se conforme à l’idéologie dominante, on dit «évaluer» quand, en réalité, on dévalue en encourageant la délation, on appelle «progrès» toute transgression quelle qu’elle soit, on parle «de protéger les gens» quand, en réalité, on les contrôle, on qualifie soudain de «plébiscite» ce qui était un «barrage» la veille, on dit «se mettre en disponibilité» quand on est placardisé en entreprise et que celle-ci ne licencie pas mais se «restructure», on appelle «réforme» des dérégulations et «révolution» l’actualisation de l’hégémonie économique sur la politique.

La difficulté à ce stade est que la langue, qui permet la mise en relation, crée actuellement beaucoup de violence et d’incompréhension. Que ce soit les gens dépourvus des codes pervertis du langage (qui les prennent de plein fouet) ou ceux plus « adaptés » à cette drôle de culture langagière qui en maîtrisent la répétition et les codes : tous en souffrent, car ces manières de faire et de dire érodent le tissu social, créent de la défiance et surtout, à mes yeux, plus préoccupant, un nuage de confusion.

Quand le GIEC nous sort un rapport d’alerte, des gens se mobilisent pour nous pondre un contre pseudo-rapport scientifique nous expliquant que l’alerte, c’est bidon. Et tout rejoint constamment ces dynamiques : sur les réseaux sociaux, poser un avis, c’est le voir contredit dans la minute. Nous en sommes venus non  pas à chercher des solutions, mais à polémiquer sur les idées, en nous efforçant de les contredire constamment, comme si de la sorte on sauvait je ne sais qu’elle « part de nous-même ».

Il y a sans doute un élan véritable derrière tout cela, d’ailleurs. Un élan de l’âme, j’entends. Mais lui aussi s’est retrouvé piégé dans le cercle vain des opinions et contre-opinions qui bouclent en dansant et ne génèrent aucune réelle écoute, compassion ni avancée, nulle part. Nous cassons ce que la vie nous a donné comme moyen pour être ensemble. Et ces méthodes servent les intérêts de quelques-uns qui nous voient ainsi occuper à ramer dans tous les sens, perdus dans la brume…

Le second axe qui m’a sauté au yeux récemment, et qui nous plombe collectivement, c’est le manque de temps libre. Je vois des gens débordés tous les jours. Mon cabinet déborde de ces consultations où chacun se cherche un peu d’espace pour permettre à son âme de parler, de s’exprimer. Entre des heures abrutissantes de boulots mal aimés, des temps de disponibilité à la famille inégaux entre les hommes et les femmes bien souvent, se frayer un chemin pour soi, pour se libérer du temps est souvent soit vain, soit réduit à peau de chagrin.

Or, que devient un individu qui est embrumé constamment dans son esprit, et qui n’a aucun temps pour s’asseoir, sans rien faire ? Et bien, il reproduit. Il répète les gestes déjà connus et appris, il passe en pilote automatique. Ainsi vont nos vies, actuellement.

Ceux qui ont du temps, aujourd’hui, sont riches. Plus riches que tous les autres. Car ils peuvent se réformer de l’intérieur, et se déposer dans le calme des matins de décembre. Goûter le givre et laisser les contours du monde se dissoudre dans la marche. Respirer, être vivant, simplement, sans plus aucune attache avec quiconque, le temps d’une promenade.

Sans la clarté mentale (donc la capacité à revenir à un espace mental vierge, premier, libre de toutes idées) et le temps nécessaire pour lui apprendre à se (re)déployer en nous, nous ne sommes que des ombres dans un monde qui gronde. Et nous répétons hagards les mêmes erreurs.

Prenez soin de vous, et trouvez-vous du temps. Le monde attendra.

Gaëlle & la Nature

article cité :  libération


gberny-2017-2Praticienne en médecines douces, je travaille en soins énergétiques holistiques avec les intelligences de la Nature (pour les personnes, les animaux, et les lieux). Retrouvez-moi sur mon blog « Fortifiez vos ailes », sur mon site professionnel : http://www.gaelleberny-magnetisme.com/ et également sur le site du programme Tourne-Soleil : http://www.tourne-soleil.com


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(source photo de l’article :pinterest)

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