Quand le mensonge courtise l’authenticité…

The Show Must Go On (Queen)
(Le Spectacle Doit Continuer)

Empty spaces – what are we living for ?
Espaces vides – Pour quoi vivons-nous ?
Abandoned places – I guess we know the score
Endroits abandonnés – Je pense que nous connaissons le score
On and on
Sans cesse
Does anybody know what we are looking for ?
Est-ce que quelqu’un sait ce que nous cherchons ?

Another hero, another mindless crime
Un autre héro, un autre crime stupide
Behind the curtain, in the pantomime
Derrière le rideau, dans la pantomime
Hold the line
Tiens le coup
Does anybody want to take it anymore ?
Est-ce que quelqu’un peut encore y arriver ?

Ce matin, je viens écrire courbée sous la chaleur puissante de la mémoire de Freddy. Il m’a cueillie au volant de ma bagnole, de retour de l’école, à travers champs, et les paroles sont entrées en moi comme une lame. Putain, j’avais jamais vraiment écouté…

Pourtant, hier déjà, cette chanson je l’évoquais en séance avec une cliente. Quelle magnifique discussion nous avons eu là… Permettez que je l’évoque ici, pour faire œuvre commune. Parce que tout n’est que ricochets sur l’autel de nos jours, en définitive.

Nous parlions, au départ, d’une expérience récente que nous avons vécu, chacune de notre côté, mais du même ordre : un moment de grâce pure où nous sommes l’une et l’autre intervenues dans une situation relationnelle à partir d’un état de conscience modifié, où le cœur s’est mêlé de la situation, portant soudain nos mots comme si nous les offrions à nous-mêmes, ouvrant en l’autre, par une acceptation totale de son merdier et une profonde gentillesse à l’endroit de son marasme, de fines lignes lumineuses, puis de grandes brèches. Autrement dit : la situation pour l’autre s’ouvre et bascule justement parce qu’il n’y a aucune volonté de la changer en l’autre. Juste un élan pour redire notre amitié. Et être présent à son bordel. Et de la tendresse pour toutes ces gesticulations de souffrance aussi. Et l’amour, qui parcourt les veines de toute amitié, a fait le reste. La vie joue sa partition, quand elle le décide. Et t’as même pas besoin de « vouloir aider », juste une lettre à changer. Pas aider. Mais aimer.

Nous en étions là de notre échange quand on a plongé dans l’écho en miroir de la situation qu’elle a vécu. On voyait toutes deux le reflet du thème sur lequel elle a aidé son amie : être vraie, et cesser de mentir. On écoutait doucement ensemble cette souffrance reliée au fait de sans cesse mentir, pour se cacher, pour maintenir des masques, pour préserver je-ne-sais quel personnage qui serait plus recevable que tout ce qu’on est vraiment, tout au fond. C’est-à-dire planquer nos misères derrière une couche de peinture. Parce que parfois, les misères qu’on montre génèrent des situations impossibles à gérer. Cela plonge dans l’enfance ces trucs-là. Et c’est ainsi que nous en sommes venues à parler de la vertu de ce qui justement posait problème. Et j’adore ces moments ! Vraiment. C’est là que toute catharsis se résout. Le moment où ma cliente me dit : « oui, je lui ai dit qu’elle pouvait mentir, que cela ne me dérangeait pas… Que j’étais d’accord avec, si pour elle c’est important. Je lui ai juste dit que je le voyais, et que d’autres autour de nous le voyaient aussi. » Valider le mouvement de départ, précieuse délicatesse de l’amie qui pose une main sur l’épaule de l’autre qui souffre et use de toutes ses menues ressources pour survivre face à un danger, fût-il totalement irréel.

Sérieusement, qui est dupe ? Nos petits stratagèmes ne protègent souvent que nos émotions. Nos blessures d’hier. Et comment remonter à la source si ce n’est avec quelqu’un qui aura le courage de nous dire : « la manière dont tu as répondu à cette ancienne situation était intelligente. Elle avait du sens. Elle a rempli son office, et continue d’œuvrer à cet instant… Bravo pour cela. C’était ta manière de faire, ta façon de t’adapter. Mais si désormais elle ne te convient plus… Que veux-tu faire ? »

Dans le cas du mensonge compulsif, du masque indécrottable et permanent, même avec les potes, vient alors le moment de rétablir une incroyable vérité : on a le droit d’emmerder le dogme de l’authenticité à tout crin. Très à la mode, celui-ci. Partout. Soyez vrais, soyez authentiques, soyez vous-mêmes…

Avec ma cliente, qui est artiste, on a ri. Surtout en évoquant nos métiers respectifs : « t’imagines si je déboule en séance « hyper authentique », donc sans filtres, les jours où je traverse de putains d’états dépressifs ? Heureusement que j’ai une excellente aptitude à « mettre en sourdine mon processus », et à revenir dans un espace relationnel neutre, pour accueillir mon client ! » The show must go on… Et elle, artiste, de me dire : « faire semblant fait partie de mon métier. C’est la base. Le tout c’est de le faire dans le jeu, pour servir un public. Mettre de côté nos sentiments du moment pour entrer dans les personnages… C’est vital pour vivre de notre métier. » Voilà. Donc nous touchions à l’amour qui rassemble tout et fait péter les dogmes de tous bords : va voir les opposés, et honore-les tous les deux. Aime chaque côté de la balance. Encore et encore.

Quand le monde spirituel me murmure des élans de transcendance, mon cœur s’incline vers la boue de ces vies humaines qui résonnent tant avec la mienne. Et l’amour surgit. Quand le monde spirituel (encore lui !) me serine d’être dans le lâcher-prise, je tourne mon regard vers tout ce qui en moi ne peut encore lâcher, et je fais un gros câlin à cet endroit en moi, qui souffre de se sentir en écart avec ces poncifs absolus. Donnez-moi des absolus, et je m’inclinerai devant tous les relatifs. Parlez-moi de Dieu, et je vous parlerai des hommes et des femmes. Sermonnez-moi sur L’Éternel, et j’ouvrirai mes bras à la vie quotidienne. Cela procède d’un putain d’esprit de contradiction, certes, mais pas que… La voie du milieu a quelques millénaires dans les pattes. Quand on honore les deux côtés d’une situation, il se produit au niveau énergétique un petit miracle : on s’en libère. Si je parviens à assumer que je t’aime autant que tu m’emmerdes, et à sentir la justesse des deux mouvements, alors je libère notre relation, et son idéal tombe. Tant mieux. Plongeons ensemble dans le réel, je préfère. L’authentique, le vrai, celui qui s’accommode des moments merdiques et des reculs masqués. Je prends tout. Je trierai. Le cœur fera le job.

Dans le fond de la vallée ainsi creusée, blottie là où nous tombons quand nous laissons faire, je retrouve tous les autres. Et je vois. Nos visions divergent, ne se recoupent pas. Constamment. Et dans l’accueil de mes propres mouvements intérieurs, je rétablis et honore délicatement ma propre vision, celle qui fait battre mon cœur dans un sourire. Oui, je ne vois pas comme toi. Tu ne vois pas comme moi. Et peut-être même que c’est pas important… L’important est blotti ailleurs. Dans ce qui vibre entre nous, quand on relâche nos postures. Dans ce qui s’ouvre tout en bas, au fond du fond, quand chacun peut habiter sa propre vision sans s’en sentir dépossédé. Oui, les regards ne sont que des témoins de « là où on en est ». Oui. Mais on en a rien à foutre, en vrai. Et l’on se retrouve ensemble dans cet espace où il y a un accord profond pour laisser être la situation comme c’est, et comme ça vient, avec l’amour allumé en veilleur éclairé.

Par-delà les idées du bien
et du mal,
Il y a un champ.
Je t’y retrouverai.

(Djalâl-od-Dîn Rûmî)

et enfin, ma préférée :

« Quand le monde est en ordre, montrez-vous.

Quand le monde est en désordre, cachez-vous. » (Confucius)

Prenez soin de vous, infiniment. Je nous aime.

Gaëlle


B39FFDC4-B176-45AC-8161-264F5F9E5D68Praticienne en médecines douces, je travaille en soins énergétiques holistiques avec les intelligences de la Nature (pour les personnes, les animaux, et les lieux). Retrouvez-moi sur mon blog « Fortifiez vos ailes », sur mon site professionnel : http://www.gaelleberny-magnetisme.com/ et également sur le site du programme Tourne-Soleil : http://www.tourne-soleil.com


couv-habitez-territoire> Un livre dédié aux anxieux et angoissés pour retrouver la sérénité : « Habitez votre territoire intérieur » comporte un protocole à faire chez soi pour retrouver davantage de calme et de paix au quotidien, jour après jour. Un cheminement sur 6 mois de temps, pour une ré-équilibration en profondeur.

 


(source photos de l’article : pinterest )

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