Confinement – jour 3 – Aimer les gens

confinement2Bonjour à tous !

Troisième jour de confinement. Je m’en viens au clavier, aujourd’hui. Prenez votre café, ou votre thé, et installez-vous confortablement. On va parler d’amour ce matin. Un peu. En passant.

Ces deux premiers jours de confinement ont préparé le terrain, doucement. Ou intensément, c’est selon. La vie passe le rabot sur la couche superficielle de nos manières d’être. Ça dégrossit sévère. Mais personnellement, j’adore ce que je ressens. Alors je vais vous parler de moi, un peu, parce qu’en faisant cela je vais vous parler de vous aussi. Fatalement. Vous, c’est moi. Et je suis vous, aussi. Pas dans l’absolu, juste dans le relatif. Pas dans la totalité de votre être, juste là où votre lumière et la mienne se regardent en souriant. Nous sommes « tous UN », vous l’avez déjà entendu, ce truc-là, n’est-ce pas ?

Chaque début de mois, j’ai pour habitude délicieuse de me faire un collage créatif, à partir de magazines. Je colle ce que mon inspiration me souffle, à partir de vieux magazines que je découpe, sur une feuille A4. Cela s’agence comme cela veut. Je cherche juste la beauté, l’inspiration, ce qui va me porter… Pour Mars 2020 mon collage mentionne « vivre slow » et « les gens ». Je souriais en contemplant un renard blotti dans la neige, en rond, qui illustre la phrase « le plus beau voyage est celui qu’on ne fait pas ». Le confinement lié au coronavirus était en moi, pressenti, bien avant que ma conscience n’ait pigé le truc.

Mon regard traînait tout à l’heure sur « les gens ». Et je revisitais mentalement ces dernières semaines, riches à l’extrême côté séances, vu l’intensité de mon job depuis qu’une généraliste s’est mise à m’envoyer nombre de ses clients… Voilà deux mois maintenant. La vie gère mon agenda de main de maître, j’en reste époustouflée. Je contemplais ces nombreuses séances, et la facilité de plus en plus grande avec laquelle j’entre en résonance avec cette part de chaque personne qui est moi… Et j’écoutais ce sentiment d’amour énorme qui en découle naturellement. J’aime de plus en plus les gens.

« Les gens », me redit mon collage de mars. Les gens. Depuis 48 heures, les gens sont revenus me chercher dans mes retranchements. Exigence de ceux qui ont un chemin de progression intérieure tourné vers l’ouverture, la sincérité du chemin, et du verbe, et le courage de se défaire… Je suis confrontée de nouveau à tous ces comportements que je laisserais volontiers « aux autres ». Je vois si souvent l’humanité comme une cour de récré de maternelle… Que j’en oublie parfois que je cours avec vous dans la cour. Quand Trump tente de s’approprier le vaccin des allemands pour son seul pays, je rigole, voyant sans effort la ficelle : l’égoïsme primaire du gars, il est en moi aussi. Aucun doute là-dessus. Filez-moi ses baskets, son histoire de vie, sa culture et son parcours et… Probablement que je prendrais les mêmes décisions dingues que lui. Aucun fou de ce monde n’est en-dehors de moi. Tous se tiennent au comptoir de mon esprit. Trinquant ensemble. Chaque fois que je clive, laissant un « autre » demeurer à la porte du bistrot intérieur, je me fous dedans, et je tisse ma propre souffrance.

Mais ces derniers jours, ce sont mes amis, mes connaissances, mes relations diverses et variées que j’ai vu se comporter parfois de manière surprenante. En voyant les gens qui filent loin de la capitale pour aller rejoindre leurs maisons secondaires (ou de la famille), j’ai eu un vieux moment de bug. Sérieux ? Personne n’a donc pigé le principe de non propagation ? Notre civilisation du « je fais ce que je veux » (merci, libéralisme, mon amour….) s’accommode mal de ce truc démodé qu’on appelle contraintes : restriction de notre liberté, discipline, un poil de sacrifice…. Tssss…. Même pas en rêve !

J’ai contemplé les bretons râlant de voir débouler les parisiens sur leurs plages comme les grecs pestant contre les migrants. Edifiant.

J’ai vu des gens pris dans des sortes de biais cognitifs aveugles, prêchant un truc dans un post, fiers d’eux, et affirmant l’exact contraire dans un post un poil plus loin. J’y vois la marque de notre époque. Le paradoxe nous a bouffé, tous. Nous vivons constamment dans le grand écart impossible : je suis écolo à fond (pensez donc, je cause et travaille avec les intelligences de la Nature !!!) mais mon mari roule en voiture de fonction et on ne paye pas l’essence, y compris pour nos vacances. Donc on roule, beaucoup. On flingue notre empreinte carbone au nom du Dieu pognon, comme les autres. Bordel. Les autres, c’est moi, chaque fois. Où que je regarde : je vous vois tous en moi. Toujours. Comme un reflet à l’infini.

Alors cette quarantaine, qui fait apparaître nos travers (j’en parlais dans ma vidéo d’hier), nos comportements futiles, stériles, suicidaires à long terme, et ben c’est une nouvelle occasion, à mes yeux. De vous aimer un peu plus, les gars, et les filles. De vous tenir en moi, dans mon bistrot du cœur, là où je suis votre exact reflet. Là où je ressens avec une infinie compassion pour vous, comme pour moi, l’origine de nos mouvements idiots, pourris, et aliénants. Là où je peux cesser d’être une « belle personne » pour accueillir la fille ratée en moi, qui prêche sans tenir parole, qui se planque si souvent de peur des autres, qui n’est loyale que quand elle ne décide pas de ne pas l’être… Dans mon espace du cœur, chaque fois que je vous comprends, sans vous jeter une pierre, je fais un peu plus la paix.

Et ces derniers temps, une constante forte s’impose à moi, comme à ceux que je vois en clientèle : la période est à l’intégration de notre ombre. Partout, ce qui apparaît c’est la part cachée, refoulée, sombre en chacun de nous, et collectivement. Le merdique, le pourri nous saute à la gueule, présentement. Alors ? On fait quoi ? On fuit une fois de plus ou, pour une fois dans notre vie qu’on a plein de temps, on s’assied et on fait connaissance ?

Je causais hier avec une cliente, affaiblie par un virus et alitée chez elle, qui me disait qu’elle en avait « marre de l’amour et de la joie, et marre de faire des protocoles de gratitude tous les matins pour se donner la force de se lever ». J’ai ri avec elle, en lui expliquant qu’elle s’était piégée en voulant aller vers sa « lumière » car c’est « l’ombre » qui s’est pointée. Ainsi va la vie, toujours. Tu t’alignes « gratitude » et ce sont les parts de toi qui gueulent « merci mon cul !!! » qui se pointent. Et c’est parfait ainsi : elles demandent juste asile. Bordel. Juste asile ! Qu’on arrête de foutre dehors les parts de nous qui râlent, refusent d’aimer, en ont marre des autres, font un bras d’honneur à la gratitude, etc. Laissons rentrer nos enfants bannis à la maison, en ces temps de confinement. Allons voir ce qu’il y a de beau, profondément beau, à éprouver « fuck le monde ! » dans ses tripes.

Car dans chaque ombre se cache un trésor. Les aspects qui gueulent « fuck le monde » invitent à un repli intérieur ceux qui se sont trop ouverts aux autres… Et se sont paumés en route. Tiens tiens… ça ne vous dit rien ? La métaphore de ce virus et de cette quarantaine. Tous les pays ferment leurs frontières. Repli général sur les communautés nationales… Et non, les gars, on ne va pas virer fascistes parce qu’on prend un temps collectif pour se remettre « entre soi ». Les tenants de la flipette de la «montée populiste du monde » sont en réalité les profiteurs de l’hyper mondialisation… Nous avons tous et toutes besoin de revenir à plus petite échelle. A nous, nos proches, nos collectivités locales et nationales. Le monde est parfois trop grand pour nous, et cette échelle nous dénature et tue la nature, aussi.

Je vais donc laisser cette période me malaxer en douceur, comme une pâte longuement travaillée à la main. Je vais réincorporer en moi tous les aspects des gens qui me saoulent, parce que c’est finalement la seule invitation valable qui émerge pour moi actuellement. Je veux pouvoir regarder le monde être ce qu’il est sans sursauter toutes les trente secondes avec un avis péremptoire sur chaque prise de position des uns et des autres. Je choisis la paix plutôt que d’avoir raison. Je choisis de vous aimer, et de vous voir comme étant moi, aussi, plutôt que de vous laisser dehors, livrés à vos excentricités. Soyons fous et pitoyables ensemble. Et redécouvrons ainsi notre simple, mais généreuse, humanité.

Gaëlle


B39FFDC4-B176-45AC-8161-264F5F9E5D68Praticienne en médecines douces, je travaille en soins énergétiques holistiques à distance (pour les personnes, les animaux, et les lieux). Retrouvez-moi sur mon blog « Fortifiez vos ailes », sur mon site professionnel : http://www.gaelleberny-magnetisme.com/


(photo pinterest)

 

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