Confinement – jour 9 – Changer de regard sur l’enfer-me-ment.

cocoon-insect-2477492_640Salut les amis !

Comment va, dans vos grottes respectives ? Au bout de 9 jours ? ça gaze ? Ou bien, ça commence à tirer un brin sur les couettes ? Le sourire est-il encore franc et massif ou commence-t-il à se crisper aux entournures ?

Les encagés se rebiffent

Vous le savez, hein, que c’est normal de ressentir toute cette tension en vous, et autour de vous ? Vous le savez ? Nous le savons tous, dans le fond. Nous en savons même intimement, la profonde justesse. Une belle séance de ce jour faisait apparaître, avec l’aide d’une cliente, que l’humanité allait à sa perte, tout en appelant à l’aide, incapable de s’arrêter dans son délire. Au final nous avons nommé ensemble un « désir d’être contrôlé », qui nous a renvoyées à cet étrange paradoxe psychologique que parfois, face à nos forces pulsionnelles sauvages, erratiques, ingérables et violentes nous avons besoin d’une aide, qui nous contienne, nous bloque, nous freine, nous ralentisse d’autorité. Sans cela le véhicule devenu fou poursuit sa route et nous pleurons d’impuissance devant le désastre annoncé. C’est un peu ce que nous vivons actuellement. Une force aussi gigantesque qu’un invisible microbe nous a envoyé en cabane. Et depuis nos espaces confinés nous ruminons, sauvages encagés, devant notre liberté de mouvement perdue.

Une autre cliente me partageait ceci ce matin, qui me semble assez universellement transposable : je la questionnais sur les émotions qu’elle rencontre actuellement, entre la peur, la tristesse et la colère… Et elle m’a répondu ceci : « la peur, évidemment, peur que mes proches meurent de ce virus. La tristesse aussi, ce deuil d’avoir perdu ma liberté de mouvement, car je marchais beaucoup en extérieur avec mon mari et je ne le peux plus. Et oui, la colère aussi, face à « tous ceux qui ne comprennent pas », ceux qui sont irresponsables et ne respectent pas le confinement ». Beau résumé du monde émotionnel collectif je trouve.

J’entends souvent, pour l’instant, des propos similaires revenir dans mes séances du moment : confinement = enfermement. « Je suis pris au piège », « j’ai du mal à accepter d’être enfermé », etc. Cela me fait penser à deux trois choses que j’aimerais vous partager ici aujourd’hui, afin de vous aider, si vous vous retrouvez aussi dans ces sentiments inopinés intérieurs qui vous parlent « d’encagement ».

 

Des mémoires anciennes : nos corps se souviennent…

Tout d’abord, allez-y mollo. Bien souvent, derrière la sensation des 4 murs qui ferment, nous touchons à des mémoires dans notre histoire individuelle qui plongent leurs racines aux origines de notre vie : in utero, ou moment de la naissance (Et est-ce utile de dire que pour la plupart des gens ces moments ne sont pas des paradis parfaits, en termes de mémoire ?). Pour certains se sont des situations de confinement liées à l’enfance (genre ma nounou quand j’étais en maternelle, une espèce de dingue qui éduquait les gamines qu’elle gardait en les enfermant dans les toilettes, et en éteignant la lumière… Terreur garantie !). Toutes ces informations laissent des traces dans l’esprit des êtres humains que nous sommes. Et quand je vous dis d’y aller mollo, cela veut dire – si vous me lisez depuis le premier jour vous devez commencer à me voir venir car c’est l’angle de lecture qui s’impose à moi dans cette crise – de mettre beaucoup de douceur car vous êtes face à des mouvements de ruades intérieures primaires, assez intenses et potentiellement dures à gérer seul. Pourtant, faudra bien, un minimum faire face à votre sauvage encagé. Je passe mes journées depuis 10 jours à accompagner les gens en douceur, avec patience et humour, pile là, dans ces zones de faille qui ouvrent tout debout vers l’enfance oubliée, les bouts d’enfermement relégués aux oubliettes mais qui pilotent totalement notre espèce de fuite en avant permanente.

Des pistes pour changer le regard

Ensuite, J’aime bien la vidéo suivante (en bas d’article), qui remet je trouve les pendules à l’heure afin de piger ce qu’on vit, au travers d’un exemple extrême : le braqueur Michel Vaujour y raconte comment la prison (27 ans de taule, dont 17 en isolement, car évadé 5 fois…) l’a transformé à vie. Empêché radicalement de s’évader, il n’a eu d’autre choix que de rencontrer son sauvage intérieur, au travers du yoga et de la méditation. Ces pratiques l’ont aidé à émerger au lieu de devenir fou. Et il a fait le job intérieur nécessaire, qui appelait, pour enfin parvenir à éprouver un sentiment de liberté, alors qu’il se trouvait enfermé. Parfois, ainsi, il nous faut une contrainte forte pour nous arrêter, et nous isoler, de sorte que nous regardions certaines réalités en face. C’est ce que connaissent bien ceux qui vivent des accidents de vie qui les immobilisent pour des mois… Généralement, la transformation psychologique est radicale.

Venons-en ici, d’ailleurs. La transformation… Un philosophe italien, Emanuele Coccia  (auteur du livre Les métamorphoses) partageait hier soir sur Arte sa vision du confinement : il nommait cela le « coconfinement ». Parce que nous sommes des chenilles, à ses yeux, en phase de tissage de leurs cocons. Alors certes, la chenille n’a pas le cerveau d’un humain… Elle suit la pulsion de vie en elle. L’humain lui, commence à tisser en grognant. Il se souvient qu’il rampait sur les branches, partout, et bouffait des tas de feuilles en se dorant au soleil… Et d’un coup, la fête est finie et faut changer d’état. L’humain fait son cocon en pestant comme un poux, en regrettant le passé fraîchement perdu, alors qu’il savait pertinemment que ce jour viendrait. Et que d’autres similaires viendront sûrement à l’avenir… Car le même monde ne court qu’à sa perte. Une révolution des consciences et des gestes nous appelle. Ce coconfinement est donc une étape de transformation. D’abord se tortiller dans un maigre espace. En ronchonnant ou pas. En laissant le cœur battre moins vite, l’esprit se calmer peu à peu. Ensuite… Plonger vers l’immobile, de plus en plus. RALENTIR. Se poser autant, et aussi profondément que Michel dans sa prison. Ressentir que tout l’espace en nous est paisible et calme en ce lieu obscur, sécure, qu’il nous contient comme les bras d’une mère. Le cocon est le lieu d’abandon des luttes, de la dépose, de la confiance. En réalité, « l’enfer me ment » : il y a une grande beauté dans le fait d’être reclus, lové, patientant indéfiniment, remis entre les mains de la grâce du vivant et du temps.

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Je ne sais pas vous, les amis, mais moi j’aime bien cette idée. Je ressens actuellement puissamment notre énergie collective, à nous, petite bande d’humains nichés sur la grande planète bleue. Et clairement, notre énergie à tous est en pleine transformation. Les mouvements en cours sont vertigineux et expliquent nos sautes d’humeur, nos impatiences, nos peurs irrationnelles fortes… Car sur des plans non visibles, collectivement, nous préparons le monde des papillons. Nous transitons d’un monde non viable à un monde pérennisable, plus sage, et plus beau. Pas de rupture en vue, juste un glissement. Qui devra certes être radical sur certaines aspects… Mais chaque chose en son temps. Ressentez combien la vie emprunte un chemin facile et doux : tout va partir du bas. Tout va partir de la base. De nous tous. De chaque brin d’atome intelligent qui habite cette planète. Nos ailes seront diversement colorées. Nos corps splendides et uniques témoigneront de notre unicité. Nous allons sortir changés de tout cela. Alors donnons-nous le temps de goûter ce moment. D’entrer dans la lenteur du coconfinement. Autorisons-nous à le savourer car il passera vite, au final… Et c’est maintenant que ce goûte ce temps de l’entre-deux.

Prenez soin de vous dans cette étape de transformation, les amis.

A bientôt pour la suite…

Gaëlle


B39FFDC4-B176-45AC-8161-264F5F9E5D68Praticienne en médecines douces, je travaille en soins énergétiques holistiques à distance (pour les personnes, les animaux, et les lieux). Retrouvez-moi sur mon blog « Fortifiez vos ailes », sur mon site professionnel : http://www.gaelleberny-magnetisme.com/


(photos libres de droits pixabay, mots-clés cocon et papillon)

Vidéo citée :

https://www.facebook.com/plugins/video.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fbrutofficiel%2Fvideos%2F904911316605821%2F&show_text=1&width=560

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