Que faire face à la peur de la dictature ?

Bonjour à tous !

Voici un petit moment que je ne suis pas venue partager côté blog. Mais l’envie revient. A force d’observer le monde, et ses ondulations du moment, depuis ma fenêtre française, je vois se dessiner des arabesques, comme un design collectif, dans le brouhaha ambiant du moment. Petit partage donc, sur l’énergie collective et les peurs liées à la « dictature ».

Pas besoin d’aller bien loin pour voir le thème du fascisme et la peur de la montée d’une forme de dictature : il se reflète actuellement partout. En fait, ce que nous voyons ce sont diverses choses qui tournent autour de ce thème central :

  • la question du port obligatoire du masque a déclenché dans le monde occidental, notamment, un mouvement clivant énorme, allant d’un côté d’un appel à la raison et à la nécessité de « protéger les autres comme soi-même », et de l’autre à la clameur excédée de ceux qui craignent ainsi de perdre une part de leur liberté.
  • Peu importe qui a tort ou raison dans cette histoire : force est juste de constater que le vocabulaire se durcit, et se radicalise dans les deux « camps ». Toute une sémantique apparaît : quand on est contre le port du masque, cette sémantique vise à juger le choix des autres durement : « moutons », « endormis », etc. Et du l’autre côté, les radicaux anti-masques sont taxés « d’anti-vaccins », de « complotistes », et je m’arrête là, vous avez compris l’idée.
  • L’idée de porter ce masque obligatoirement a fait émerger une peur profonde, enfouie dans la psyché collective : celle d’être asservis, bridés dans nos libres mouvements de pays démocratiques. La peur d’une privation rampante des libertés est forte, et elle est irriguée, abondamment, par d’étranges sites issus de la « fachosphère », totalement ancrés à l’extrême-droite bien souvent, qui inondent le web avec des articles mêlant étrangement les peurs complotistes et de « manipulation cachée des masses » avec la « peur et la haine de l’autre » (migrants, noirs, etc.).
  • Ceci se combine, à mon sens, avec cet « autre monde », moins destructeur, que le confinement mondialisé a fait apparaître : les occidentaux sentent, plus ou moins nettement, que leur position de privilégiés dans ce monde va devoir prendre fin d’une façon ou d’une autre. La destruction du monde nous incombe en grande part : nous sommes les hyperconsommateurs, et à l’origine du pillage des ressources dans de nombreux autres pays. Si cela devait prendre fin, nos privilèges de blancs cesseraient et notre vie serait peut-être moins « comme nous voulons » quand aucun frein ou aucune limite ne s’impose à nous… Cette fin du privilège (blanc, occidental, riche, etc.) génère un énorme mouvement de « résistance à l’oppression » qui en réalité, vu depuis les autres pays du monde, semble digne de la crise de toute-puissance d’un enfant de deux ans… Rien de sensé là-dedans. Juste du mal à lâcher l’évidence que cela n’est pas viable à long terme ni bénéfique pour tous.
  • Le petit monde spirituel dans lequel j’évolue volontiers par le biais des réseaux sociaux m’a montré aussi cet autre visage, que je n’avais point identifié jusque-là : les mêmes personnes qui parlaient non-dualité et ouverture d’esprit, amour, etc. relaient massivement les articles pour ou contre les masques, s’engagent avec virulence, deviennent soudainement rigides et dogmatiques, prétendant soudain avoir raison contre d’autres qui auraient tort… Les principes spirituels fondent comme neige au soleil, les articles relayés (pour leur seul titre souvent, mais non vérifiés sur leur source) émanent très souvent de cette fachosphère très active actuellement (et qui a le talent de savoir surfer merveilleusement sur les grandes thématiques spirituelles et new age de notre époque !).

Bref : quel bordel.

Je croyais avoir pigé ce qu’était le monde de la spiritualité et je découvre des élans aussi primaires parmi ces gens « plus éveillés que les autres »… Finalement, nous sommes tous aussi humains, et aussi piégés dans nos affects. Premier constat.

Mais d’où ça vient cette peur intense de la dictature ?

Dans mon ressenti, et mon observation aussi, nous faisons face à un mouvement ultra-logique, que la crise du coronavirus n’a fait que mettre à jour : les deux guerres mondiales ont laissé des traces qui ne se sont pas encore résolues. Collectivement nous en sommes restés à « le fascisme c’est le mal absolu ». Et les « méchants » sont les nazis, tandis que les autres, qui résistent et s’opposent à l’arbitraire et à la folie associée sont les « gentils ».

Toute la cinématographie actuelle, ultra-caricaturale, des super-héros type Marvel témoigne de ce non-dépassement : il faut des héros pour continuer de tenir l’oppression rampante en respect. Et l’oppression reprend toujours des symboles nazis.

Dans les médias, sur les plateaux TV, il n’est pas rare de voir des débats se clore avec virulence par ce qu’on appelle désormais le « point Godwin » : l’insulte ultime, qui clôt tout débat houleux, consistant à taxer son interlocuteur de « nazi ». Si je qualifie mon rival de « Hitler » ou réincarnation de celui-ci, alors je touche à l’ultime, à l’absolu du rejet, au truc le plus détestable et ignoble qui soit : le dictateur fasciste. L’autre est donc relégué au rang de salaud suprême. Fin de l’histoire. Fin de la discussion.

Que nous dit cette situation, énergétiquement parlant ? Que nous avons collectivement, depuis plusieurs générations maintenant, « repoussé toute énergie dictatoriale comme étant mauvaise en soi ». Donc après avoir combattu la dictature, le fascisme, nous avons aussi rejeté l’idée de sentir en nous-même des aspirations ou élans similaires.

Or, le vivant ne fonctionne pas ainsi. Des dictateurs sommeillent en nous tous. En vous, comme en moi. Et pas qu’un peu ! Vu le niveau du déni et du rejet cette énergie cherche à revenir en nous avec une puissance égale, actuellement ! Ainsi, plus nous refusons l’idée même d’être des mini-Hitler en puissance, plus nous rejetons l’énergie puissante associée en nous… Plus elle cherche à exister malgré tout dans notre environnement physique et psychique : c’est AUTOMATIQUE, et NATUREL. Dans l’univers rien n’est à rejeter : le divin ne se dit pas le matin au réveil « tiens je vais garder juste les énergies qui ordonnancent l’univers et balancer à la poubelle le principe du chaos ». Ben non. TOUT est valable. Même la dictature et son énergie dure, intense, et forte.

Pourquoi cela apparaît-il maintenant ?

Nous avons a peu près tous vu, avec plus ou moins de profondeur, que le monde actuel déconne, à de multiples niveaux. Selon notre niveau d’information saine et d’éducation nous en voyons des bribes, ou des quantités énormes, mais les dysfonctionnements du capitalisme, la course au profit et la voracité des humains se font jour de plus en plus dans les esprits.

Les gens de la sphère spirituelle sont souvent des gens qui ont du se frayer un chemin en tant que pionniers sur les « à côtés » du monde classique. Je le sais en tant que magnétiseur, ayant travaillé dans le transport routier international puis le monde bancaire : devenir un entrepreneur à son compte dans un milieu dit « alternatif » signifie développer une certaine force de caractère et d’affirmation de soi. Qui suis-je si je gagne mon salaire comme tous les autres participants au capitalisme ? Que vont dire de moi mes anciennes connaissances quand elles sauront mon nouveau job ? Oui ces choix de vie (médecines douces, permaculture, écolieux, école à domicile, ferme de sauvegarde des animaux promis à l’abattage, etc.) demandent tous une force d’âme, et d’engagement, que tous les gens n’auront pas.

Le revers de cette force d’affirmation transparaît actuellement du fait du mouvement collectif en cours : les peurs affleurent, l’emballement du « tout-opinion » déferle sur nos esprits, et ceux qui avaient jusque-là simplement défendu leurs convictions se retrouvent potentiellement à affronter un volet méconnu de leur propre psychisme : la remonté de l’énergie dictatoriale en réponse à un énorme sentiment d’oppression. C’est dictature contre dictature. Cette force de résistance est actuellement excessive chez tout le monde, car collectivement elle n’a jamais été digérée. Nous avons donc à faire le job, les amis, individuellement. Et c’est maintenant.

Quel est le job qui nous appelle sur ce thème ?

Je le dirai simplement : faire la paix avec votre dictateur intérieur. Vous perdrez votre belle capacité d’affirmation si vous tentez d’écraser vos tendances pulsionnelles dictatoriales, qui hurlent que vous avez raison et que d’autres sont des cons. Vous ne pourrez jamais vous débarrasser du dictateur intérieur : il a seulement besoin d’être canalisé et apaisé (donc compris progressivement, dans tous les sens du terme : entendu et intégré).

Cette énergie est puissante, intense et extrêmement affirmative. Son niveau de certitude est sans égal. Cela nous permet d’agir et de tracer fermement une voie en environnement hostile : merci la vie pour ça ! Il s’agit d’honorer cela, cette puissance de vie en nous, qui sommes des ouvreurs de chemins vers un nouveau monde. Il s’agit d’accepter notre part dogmatique et rigide, qui parfois se fourvoie en devenant trop sûre d’elle, trop arbitraire dans ses jugements aussi… Cela ne fait pas de nous une mauvaise personne.

La force dictatoriale en nous demande juste à être assouplie sur les bords, tenue en laisse calmement aussi (elle ne doit pas diriger notre vie…Sinon on va vite devenir chiants pour les autres !). C’est du leadership en puissance cette énergie. Et nous en avons besoin pour que notre voix porte, soit entendue, et audible.

Il s’agit d’adoucir les contours, de faire la paix avec l’existence de cette puissance en soi, d’apprendre à la maîtriser sainement, sans peur inutile, mais sans lui lâcher trop la bride non plus. Intense comme exercice. Mais nécessaire. Sans cela les gens du monde qui arrive, les ouvreurs de chemin, seront aussi aveugles et bornés que les tenants de l’ancien système. Assouplissons tout cela : les deux systèmes vivront intriqués encore un bon moment. Dans nos postures moins figées, dans notre abandon de l’envie d’avoir raison, nous pouvons redonner du souffle au débat actuel. Veillons à nos mots, à nos postures quotidiennes, et dialoguons avec le dictateur en nous chaque fois que la « montée du fascisme » nous fera peur.

Ce qui nous court après dehors n’est que le reflet de ce que nous rejetons dedans.

Souvenons-nous de cela.

Gaëlle


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Praticienne en médecines douces, je travaille en soins énergétiques holistiques à distance (pour les personnes, les animaux, et les lieux). Retrouvez-moi sur mon blog « Fortifiez vos ailes », et sur mon site professionnel : http://www.gaelleberny-magnetisme.com/

photo : https://www.pinterest.fr/pin/AcwFU2oCuU_QS5QCUuYHD3oE5YbB2GulW6zkCDBCGLm7AbhF-e6cP60/

Une réflexion sur “Que faire face à la peur de la dictature ?

  1. Etre en paix avec moi-même. Après tant de moments de colère, d’incompréhension, de peur, de révolte, de passage par tous les états dans une grande montagne russe émotionnelle, depuis 7 mois… je choisis maintenant d’oeuvrer à la paix en moi, et donc, autour de moi. Tomber sur ton texte ce soir, n’est absolument pas un hasard. Merci.

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