Tous face au vide

Bonjour à tous !

Un petit élan aujourd’hui pour venir vous partager ici un de mes constats dans cette drôle de période « Covid ». Depuis quelques mois j’entends les mêmes propos de la part de mes clients, encore et encore. A tel point que j’ai fini par tendre l’oreille, pour essayer de piger pourquoi.

Qu’il s’agisse de clients sortant du Covid, affaiblis souvent, éprouvés par la maladie ou pas, ou encore de clients n’ayant pas eu le Covid, mais faisant face aux confinements, aux restrictions d’activité (voire à l’arrêt pur et simple pour certaines personnes dans la Culture, par exemple), de personnes jeunes (environ 20 ans), ou plus âgées (40, 50, ou même 60 ans dans mes constats), j’entends les mêmes mots, exactement les mêmes qui reviennent : « Je me sens vide. Et je n’ai plus d’élan pour rien. Absolument rien. Même ce qui me passionnait avant, ne me met plus en mouvement. Je me sens démoralisé, sans but, et vide. »

Et toutes les séances sont uniques. Chacun dénouera sa pelote à sa façon, parce que chacun a son histoire.

Mais tout de même… Ce face à face avec le vide… Que peut-on en penser ?

Voici les mots, toujours co-infusés avec chacun, qui reviennent à peu près tout le temps dans mes séances : j’explique aux gens que cette période de l’Histoire de l’humanité est placée sous le signe du ralentissement. C’est LE mot que m’a répété en boucle la nature depuis le début de l’épidémie : ralentir. Au début j’ai trouvé ça anecdotique… Et puis, un an et demi plus tard, je vois que c’est réel, et pas feint du tout. Nous sommes contraints de ralentir. A TOUS les niveaux. Nos déplacements sont plus comptés et réfléchis qu’avant, car nous devons les justifier davantage… Et puis il y a le risque épidémique. On bouge moins (nos coûts en carburant ont chuté drastiquement, n’est-ce pas, depuis un an !). On a fatalement aussi moins d’occupation dans nos semaines, voire au coeur même de nos journées. Certains sont à l’arrêt total, d’autres presque pas… Mais un peu quand même. On télétravaille, ou on attend que les écoles ré-ouvrent. De toute façon nos rythmes de vie ont bougé. Et certains patientent dans cet entre-deux, car ils ne savent où aller, étant à un carrefour de leur vie. Soit « classique », comme les étudiants, soit moins classique comme ceux entre deux changements de carrière. Peu importe. Savoir où aller pour soi actuellement relève parfois du défi impossible à relever. Quel futur nous attend ?

La conséquence de ces rythmes globalement en ralentissement, c’est un gain de temps. Enorme pour la plupart des gens, ce temps supplémentaire, libéré, entraîne un face-à-face avec soi. Grand angle. Et aussi un face-à-face avec notre rapport au temps et à l’inertie. Tu sais t’ennuyer toi, sans tomber dans la dépression ? Tu sais vivre lentement, respirer dans ces heures qui s’écoulent quand tu as tout le temps du monde pour… juste être là ? Et bien la plupart des gens, dans ce que je constate, ne savent pas faire cela. Et ils sont flippés de cela aussi. Parce que le silence, et l’accueil de soi dans cet espace complètement vide fait apparaître ce que notre course effrénée masquait : nos émotions refusées, nos questionnements existentiels, nos appels du dedans écrasés car dérangeant, notre histoire mal digérée qui hurle dans les coursives.

Un autre aspect que j’ai trouvé instructif, et qui est ressorti plusieurs fois en séance, est celui-ci : j’ai du aider la personne à voir que ce qu’elle voit d’elle dans cette période, est aussi une part d’elle-même. Beaucoup de gens sont identifiés au personnage qui court, va vite, surfe le quotidien comme des vagues, prennent le métro, leur mobylette, ou leur auto, dépile des dossiers, répondent à 12000 mails, tchattent en même temps, organisent la sortie scolaire du petit dernier, et l’anniversaire de l’ado… Ouf ! Mais qui sont-elles donc quand TOUT s’arrête ? Une autre personne, à les entendre. Or, nous avons profondément besoin, tous, de reconnaître ce qui est encore NOUS dans l’espace vide. Notre manière d’être, nos envies spécifiques à ces zones de la vie, plus calmes, plus lentes. Tout cela dévoile des aspects ignorés ou méconnus de nous-mêmes. Car peu visités. Peu explorés. Peu goûtés.

Etrangement, la plupart des gens avec qui je chemine me disent tous la même chose, même ceux qui aspirent puissamment – comme la majorité des gens actuellement a priori – à « revenir à la normale ». Donc à revivre « comme avant le virus ». Mais mes clients sentent, pressentent, quelque part en eux, qu’ils se mentent en pensant cela… C’est amusant de voir cette honnêteté se frayer un chemin en chacun. Nul besoin d’être inductive sur ce point : ces propos sont souvent livrés spontanément par mes clients. Il savent que « quelque chose de net et radical a changé dans le monde ». Et que « aucun vrai retour en arrière ne sera possible ».

Nous pressentons tous cela. En vrai. Au fond de nous.

Mais nous voulons, et je comprends cela, espérer qu’une espèce de « dolce vita » comme avant pourra revenir… Encore un peu. Sûrement que cela se produira, vu le nombre de gens qui aspirent à cela. Mais… Nous savons dans notre for intérieur que cela n’est pas vraiment soutenable. Dans la durée. Que de nombreux paramètres dans ce monde doivent bouger pour que l’humanité ne finisse pas dans un mur. Par où cela passe ? Nous l’ignorons, c’est flou. Mais « ralentir » est le point de départ. Parce qu’en ralentissant nous voyons mieux. Plus clairement.

Actuellement je ressens que la masse des gens fait face à l’attittude de quelqu’un qui vient d’avoir un diagnostic de maladie incurable : au début, on voudrait sortir de cette foutue pièce où le médecin nous a annoncé la nouvelle qui a fait basculer notre vie… On voudrait revenir à « juste avant, quand on ne savait pas ». Du coup, on nie l’info. On fait semblant. On deal comme on peut avec la situation ultra-déstabilisante qui vient fracasser notre univers et nos certitudes. Voilà où on en est. Voilà aussi pourquoi hier, au supermarché, je lisais les manchettes du Télégramme (Finistère) : « la santé mentale des français en risque majeur ». Parce que psychologiquement, cette traversée du vide nous effraie. Au plus haut point.

j’ai remarqué aussi un aspect notable, récurrent, et visible tant sur les réseaux sociaux que dans mes séances : le vide, l’espace gagné, nous font tellement peur qu’on s’invente des histoires. On se tricote de la peur. On se fait flipper tout seul. On s’imagine (à s’en faire faire des insomnies et attaques de panique !) qu’une dictature arrive, que le transhumanisme aura notre peau, que les chinois vont nous bouffer ou « pire » : nous couper les vivres… Quand vous regardez bien, tout cela, à ce stade, n’est que des récits. Nombreux, persistants, martelés sur les chaînes d’infos pour certains… Mais enfin : récits. Et dehors, là, devant votre fenêtre, comment vont les oiseaux ? Et ce coucher de soleil, l’avez-vous vu ? Et votre fils qui dort comme un bienheureux, blotti dans la couette, l’avez-vous un moment couvé du regard ?

La VRAIE VIE, c’est ici et maintenant. Le vide nous fait peur, alors nous le remplissons de nos avis et commentaires sur les récits hypothétiques d’avenir. La vérité c’est qu’on n’en sait foutrement rien, de l’avenir ! Mais ce qu’on sait, c’est qu’on brode dessus, oh, ça oui ! Parce qu’on a peur. Non pas tant de l’avenir, que d’être dans du vide, du temps offert, gracieusement, par la vie. Là, aujourd’hui. Et qu’on n’aime pas trop ça, être libre et bien. On préfère avoir des problèmes à résoudre. Un monde à sauver. Pour nous, pour nos enfants… Qu’importe ! On se grime en justiciers de demain parce qu’on a les pétoches d’affronter le grand RIEN de l’instant. En vrai, là, tout de suite, tout va plutôt bien pour la plupart d’entre nous. Et nos peurs ne sont que de l’agitation vaine, et stérile.

Alors revenons à cela, à cette évidence du vide. Ralentissons, oui, mais pas pour nous droguer ou nous abrutir de plus belle, autrement : ralentir implique de respirer plus, de voir plus, de savourer plus. D’être davantage VIVANT, conscient de ce qui se vit en nous.

Apprivoisons le vide, c’est l’invitation du moment.

Et si vous avez envie qu’on fasse un bout de chemin ensemble, je serai ravie de marcher à vos côtés pour vous aider à retrouver vos rails intérieurs… Vous verrez : ils ne sont jamais bien loin.

Prenez soin de vous,

With Love,

Gaëlle


B39FFDC4-B176-45AC-8161-264F5F9E5D68

Praticienne en médecines douces, je travaille en soins énergétiques holistiques à distance (pour les personnes, les animaux, et les lieux). Retrouvez-moi sur mon blog « Fortifiez vos ailes », et sur mon site professionnel : http://www.gaelleberny-magnetisme.com/

(photos : pinterest)

N'hésitez pas à laisser un commentaire !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s