Quand les récits nous masquent le réel

Bonjour à tous !

Aujourd’hui, petite incursion en terres de récits. Parce que la période vaut bien cela.

Ces derniers temps, je me suis désabonnée en masse de nombre des comptes que je suivais sur Facebook. Beaucoup appartenaient, et je le déplore, à la petite communauté francophone du monde de la spiritualité… Mais les dérives, pour ne pas dire les délires de tous ordres, ont fini par faire vraiment trop de bruit dans mes oreilles. Et de fait, en retirant des gens devenus complètement excessifs dans leurs prises de parole de ma liste d’amis ou d’abonnés, je me suis fait un vrai cadeau. Enfin, du silence. A nouveau, un certain plaisir à parcourir ce réseau social qui a été bien secoué par la pandémie depuis deux ans.

Récemment, j’ai vu aussi une lassitude face aux nombreux comptes de gens que je suivais avec plaisir sur le thème de l’astrologie. Certains ont une vraie « patte », un talent d’écriture et même si je ne me sens que très rarement concernée par les configurations astrologiques (la Nature m’a aidée depuis 10 ans à revisiter mon système vibratoire de sorte que les astres ne m’impactent quasiment plus, sauf quand ma sagesse supérieure décide que cela pourrait lui être profitable, autant dire une ou deux fois par an.). Pourtant, ces derniers temps, voilà que tous les discours ont semblé s’aligner de concert. Un même récit, hypnotique, martelé partout, qui pourrait se résumer comme suit :

« L’humanité est en train de se réveiller. C’est en cours. C’est pour très bientôt. Et nous, nous savons cela. Eux dorment encore, mais le réveil est inéluctable désormais. Ils se réveilleront. Soyons forts. Tenons bon. Nous voyons juste ! »

Autant dire que ce discours je l’entends depuis 2012, qui je vous le rappelle en passant signait la « fin des temps » du calendrier MAYA. Vous vous souvenez ? Moi oui ! Quel foin cette prophétie avait fait cette année-là ! Et depuis ? Depuis tout va bien, merci : l’humanité vend plus de pétrole que jamais, des incendies gigantesques ravagent la planète et une majorité de gens partout dans le monde souhaite visiblement « revenir à la normale ». En fait, quand on y regarde de près : les gens de la communauté spirituelle ont bien l’air de se raconter des histoires. De belles histoires, certes. Séduisantes. Importantes, peut-être. Je n’en sais absolument rien.

Ce que je vois c’est combien s’accrocher à un discours qui parle de « réveil de l’humanité » donne une glissade hyper-facile vers « nous sommes les élus, nous savons, et les autres dorment, ils ne savent pas. » Et bim ! Un beau thème pour nourrir tonton Ego ! Car l’Ego mange tout son saoul durant cette période ! C’est ce que mes dialogues internes m’ont révélé : la peur mondiale a relégué la masse des gens dans leur « maison vibratoire de l’enfance », donc leurs structures de survie, leur ego. Et les « élus / éveillés » ne font pas exception, à ce que j’en observe : le nombre de gens inspirants que je suivais depuis parfois des années et qui se sont mis à tenir des discours visiblement polarisés dans leur foutu ego spirituel ! C’est une hallucination à observer. J’ai beaucoup cligné des yeux ces derniers mois. J’avoue. Beaucoup râlé, pesté, et me disant aussi (parce que j’ai besoin d’espoir, comme vous tous !) que les gens allaient se ressaisir. Mais non, que dalle. A ce stade, depuis un an et demi, les discours se poursuivent. Et personnellement, cela me fatigue. Donc j’ai fait le seul chemin qui me semblait valable : allait visiter mes ombres, mon ego, mes refus, mon ras-le-bol… Et ma foi, c’est une belle balade que je fais là ! Je vous en reparlerai bientôt, car un livre bourré d’outils pratiques est en cours d’écriture, vu mon tempérament à « témoigner sur mes apprentissages par l’expérience ».

Mais revenons à cette distance avec le discours ambiant du « réveil de « l’humanité » : c’est une minorité de gens qui tiennent ces récits hauts et forts, comme des étendards. Je me suis demandé pourquoi ? Et ce que je vois c’est que lâcher cette idée que « l’humanité serait en cours de réveil » nourrirait une peur profonde. Voire révèlerait un état dépressif latent, présent en chacun de nous. Je le connais bien, cet état : mes dialogues avec les intelligences de la Nature font apparaître un écart de vues non négligeable, depuis des années. La Nature voit loin, et elle repose dans un espace vibratoire calme, paisible, malgré sa douleur de voir ses écosystèmes réduits en miettes. Elle a de l’espoir concernant le futur. Moi, je n’en ai pas vraiment. Et j’ai beau intégrer la vision d’un futur positif, j’ignore à quoi cela ressemblerait et mon défaitisme revient encore et encore, tranquillement. Donc je l’ai accueilli. Je me sens prête désormais à vivre une fin des temps. Une fin d’espèce. Une fin de vie. Une fin de cycle collectif. Un foirage total, et entier. Pourquoi ? Je l’ignore. Je sens que je porte en moi d’avoir déjà connu des fins de mondes. Des écroulements irrépressibles qui, malgré nos efforts griffes et ongles n’ont rien donné d’autre que destruction et fin d’espèces. Je sens que cette histoire-là est connue en moi. Au niveau cellulaire, presque. Elle m’est intime, familière. Comme un écho du fond des âges.

Je sais donc ce qu’il en coûte de « ne plus pouvoir s’incarner dans une espèce qui nous tenait à coeur ». Parce que cette forme de vie a disparu. Je connais la douleur de l’âme qui hurle dans le vide de cette impossibilité de poursuivre son cycle « comme elle aurait aimé ». Et étrangement, la Nature aussi le sait ! Elle évoque cela dans le livre « Les jardins de Findhorn » (éditions Le Souffle d’Or).

Si à ce stade de votre lecture vous sentez monter en vous un élan pour vous dire : « oh ben non, merde, Gaëlle, dis pas ça ! J’ai besoin d’y croire moi ! Sinon je vais basculer de ce monde anxiogène et il va me bouffer tout cru !!! » Alors nous arrivons au BON ENDROIT. C’est précisément là que tout se joue à mon sens : dans le fait de tourner notre regard vers ce qui se passe en nous au plus près de la peur. De nous asseoir tranquillement au bord du risque maximum. Pas de nous y vautrer, entendez bien, ni de nous y baigner complaisamment. Mais de toucher cette douleur sourde, et si profonde en chacun de nous. Cette trouille immense, viscérale, que rien n’aille bien, que tout parte en vrille. Qu’on ne parvienne en fait rien à « sauver ». Et qu’on soit en vue d’une défaite gigantesque qui signerait la fin de l’humanité et des écosystèmes viables sur Terre. En tous cas, massivement. Les bactéries et virus nous survivront. Sûrement.

Apprivoiser cette idée. Respirer là, au bord du bordel en cours, réel celui-là.

Arrêter de conjecturer, d’anticiper. De repousser nos peurs en les inversant vers des demains irréels.

Se tenir calme, dans cet espace incertain.

Nous ne savons pas. Nous ne savons RIEN. Absolument RIEN !

Et nous faisons comme si. Pour éviter de sentir la panique du dessous.

On se raconte qu’on est « éveillé », qu’on a confiance dans les « extra-terrestres » et autres forces galactiques. Qu’on a reçu des « initiations » (que les autres ne connaissent pas) et qu’on détient des savoirs qui seront utiles pour demain.

Tout ce bruit, pour ne pas voir notre trouille.

Cet enfant en nous qui ne sait pas. Qui ne perçoit aucune issue. Qui cherche son souffle.

Mais pourtant… Il est un élan commun à nous tous, de tous bords, en tous temps et tous lieux. C’est cette commune humanité qui nous relie. Et « être humain » signifie deux choses : habiter cette espèce et témoigner d’une certaine chaleur envers autrui.

Prenons-nous la main. En-dedans comme au-dehors.

Nous sommes tous pétrifiés et tous les jours les séances que je fais me montrent des histoires si chaotiques et si fragiles… Chez tous mes clients… Que l’humanité, la chaleur, la présence sont alors notre dernier bien le plus précieux.

Tenir tendrement la main de l’enfant flippé en nous demande d’aller le rencontrer. Pour cela, arrêtez les récits un instant et revenez à « je n’en sais rien. Peut-être que TOUT CE QUE JE CROIS EST FAUX ». Allez là, c’est mon invitation. Et prenez soin de ce que vous y trouverez.

Dans cette énergie d’attention, nous nous retrouverons, car je m’y tiens aussi. Et tous ceux qui ont l’audacieux courage de faire le chemin de l’ombre actuellement, s’y tiennent avec nous.

Ensemble, nous pouvons propager un peu plus d’amour, là où le monde a peur.

With love,

Gaëlle


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Praticienne en médecines douces, je travaille en soins énergétiques holistiques à distance (pour les personnes, les animaux, et les lieux). Retrouvez-moi sur mon blog « Fortifiez vos ailes », et sur mon site professionnel : http://www.gaelleberny-magnetisme.com/

(photos : Pinterest)

2 réflexions sur “Quand les récits nous masquent le réel

  1. Bonjour Gaëlle, j’en suis arrivée aux mêmes conclusions et ne vais plus sur la plupart des réseaux sociaux où l’égo a pris le pouvoir, entre déferlement de haine et mépris plus ou moins avoué pour «  les non éveillés », les autres (forcément). Nous n’avons surtout pas besoin de plus de mépris, il y en a déjà tellement, partout, ce dont nous avons besoin d’urgence c’est de plus de tolérance et de respect, d’amour.
    Et j’avoue ne plus savoir non plus que répondre à ma fille de 28 ans qui peine à trouver un peu d’espérance dans le futur. Comme elle et beaucoup de ses amis, j’ai simplement décidé de faire de mon mieux à mon niveau et de voir ce qui se passera … Je suis au point que vous décrivez « dans cet espace incertain, au bord du bordel en cours » et je pense que nous sommes nombreux dans ce cas. Un peu, ou très perdue, mais c’est l’histoire que nous avons tous à écrire maintenant, celle qu’on a fabriquée tous ensemble et qu’il nous appartient de continuer sans se raconter d’histoires et avec la nature plutôt que contre elle, si c’est encore possible.
    Merci pour ce partage.

    Aimé par 1 personne

    • L’espérance ? Je ne ressens pas que cela nous fasse du bien actuellement, de ne vouloir QUE l’espérance… Justement, la période est une invitation « dans l’espace vide et incertain » en nous. En apprivoisant cet état, une profondeur calme s’ouvre en nous. J’en suis là. Je n’éprouve pas le besoin d’un espoir ou d’imaginer un futur quand je lâche et me dépose dans l’instant. Ici, maintenant, tout est OK en fait. Et pourtant, incertain et potentiellement compliqué dans le futur… Mais chaque chose en son temps. La créativité viendra in situ. En marchant, nous saurons. Apprenons déjà à apaiser nos coeurs avec l’incertitude, c’est essentiel. Idem pour nos enfants, petits ou grands : la stabilité émotionnelle sera un atout dans les temps à venir. Qu’ils cultivent, comme nous le faisons, ce détachement et cette acceptation. Belle journée à vous Brigitte !

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