Quand le client confond magnétiseur / kinésiologue et voyant…

Bonjour à tous !

Depuis les premiers temps de mon installation dans ce métier, je crois, en 2009, je suis confrontée assez régulièrement à cette réalité : il y a des gens qui cherchent chez les thérapeutes de médecines douces des réponses qui relèvent de la voyance. C’est un fait troublant à observer, et avec lequel il convient de composer.

Nous sommes tous pris dans nos blessures diverses et variées. La psychologie fait éminemment partie de ces métiers du soin, tant le levier de compréhension de nos fonctionnements amène souvent vers des états de guérison ou de mieux-être conséquents. Savoir comment nous fonctionnons est important, pour que nous récupérions notre pouvoir sur notre vécu quotidien…

Aussi, lorsque je vois des gens venir à moi pour répondre à leurs questionnements sans réponses, et plus particulièrement pour les aider à prendre une décision, je me dis toujours « attention »… Cela ne m’est jamais apparu pertinent d’offrir l’image de quelqu’un qui peut accéder aux décisions que l’autre doit prendre : c’est à la fois déresponsabilisant et infantilisant. Cela crée immanquablement un lien de dépendance, dont je ne veux en aucun cas avec ma clientèle. Je travaille chaque jour au rétablissement de l’axe correct en chacun, en termes d’autonomie, de capacité à décider pour soi-même et à initier (ou pas) un mouvement pour soi, dans sa propre vie. Je ne fais pas les pas importants à la place des gens, cela m’est toujours apparu clairement. Pourtant, des demandes pour aller dans ce sens, j’en ai.

Une demande qui pointe vers le sentiment d’abandon

Ce qui me saute aux yeux dans ce type de démarche (demander à une personne tierce de nous dire ce qu’on doit faire, décider, etc.) c’est que c’est souvent la difficulté à composer avec notre propre blessure d’abandon qui nous fait agir ainsi (je vous renvoie au livre « les 5 blessures » de Lise Bourbeau) : en effet, la blessure d’abandon nous fait faire de drôles de trucs. Comme par exemple :

  • Nous tourner vers les autres pour les solliciter avec une exigence très forte de réponse (on est parfois à la limite du harcèlement)
  • Faire « du bruit » pour exister en ayant un univers intérieur de « drama-queen » ultra-développé, qui exagère nos récits intérieurs et nous donne ainsi le sentiment d’avoir « un vrai gros problème à résoudre », ceci pour obtenir, là encore, de l’attention des autres.
  • L’objectif dans la blessure d’abandon est de ne pas disparaître du champ de vision des autres : c’est ce sentiment d’être invisible, oublié de tous, qui nous effraie le plus… Voilà pourquoi on s’agite, on gesticule on exige beaucoup, on grogne, on se plaint, etc.
  • Paradoxalement, la stratégie employée nous place pile dans le mouvement que nous craignons : en fatiguant les autres (thérapeutes ou amis, proches, etc.) nous les voyons prendre du recul et s’éloigner… ce qui réactive le sentiment d’abandon. Encore une fois.
  • Pour essayer de « capter les autres » (y compris les thérapeutes) les techniques passent par tout le spectre : supplique en mode « panique », menace s’il le faut, ou flatterie sans vergogne… Tout est bon pour scanner le système relationnel de l’autre est en chercher les failles. Nous thérapeutes avons besoin d’être vigilants sur ces points, constamment.
  • Enfin, en demandant à un thérapeute de m’éclairer sur une décision à prendre (et en renouvelant ce mouvement régulièrement avec lui) je me mets en dépendance de ces bons soins, ce qui est le « masque de la blessure d’abandon » évoqué par Lise Bourbeau : celui qui souffre de l’abandon se cache derrière des relations de dépendance pour ne pas affronter le ressenti de solitude (qui n’a rien de problématique en soi) relié à un cheminement plus autonome. Être autonome signifie éprouver parfois de la solitude, mais pas être « seul constamment et oublié de tous » : là est la confusion dans la blessure d’abandon.

Un rapport à l’incertain qui appelle notre regard…

Je ressens aussi que cette citation de Rainer Maria Rilke sonne juste dans ce type de contexte :

« Pour l’instant, vivez les questions. Peut-être un jour lointain, entrerez-vous ainsi, peu à peu, sans l’avoir remarqué, à l’intérieur de la réponse »

Cette citation pointe du doigt un des problèmes « de notre époque », si j’ose le dire ainsi : l’ère du consumérisme à tous crins amène les gens à considérer le soin en général (médical ou para-médical) comme une consommation similaire à toutes les autres. J’ai payé, donc j’attends mon service, avec un résultat. Heureusement, ce ne sont pas tous les clients qui versent dans cette lecture… Mais cela arrive parfois. On retrouve ici l’exigence forte que j’évoquais ci-dessus, et elle me semble liée aussi à cette difficulté de notre temps à rester « sans réponse », avec des doutes. Les gens s’agitent partout sur les réseaux sociaux en argumentant, débattant, et criant fort leurs opinions… Souvent cela masque une difficulté à dire « je ne sais pas » et à se sentir OK intérieurement avec cet état de fait. Ne pas savoir dans l’instant, invite à se déposer dans l’espace du non-connu en soi et envers soi. A respirer calmement en ce lieu inconfortable. A apprivoiser nos sensations quand on doute, quand une décision ne se forme pas encore de manière claire en nous…

Je ne connais pas, personnellement, de chemin plus riche que celui-là ! Et c’est à cela que j’invite chacun, dans ces contextes pressants : à prendre le temps d’écouter cette panique en soi, en accompagnant au mieux le mouvement intérieur. A oser rester avec l’incertitude. A voir « ce que cela fait en soi ». A permettre cela. Car il me semble que c’est ainsi que l’on grandit et que peu à peu, le paysage intérieur s’ouvre et offre ses réponses : en acceptant que les questions ont déjà beaucoup à nous apprendre sur nous-mêmes.

With love,

Gaëlle


Praticienne en médecines douces, je travaille en soins énergétiques holistiques à distance (pour les personnes, les animaux, et les lieux).

Retrouvez-moi sur mon blog « Fortifiez vos ailes », et sur mon site professionnel : http://www.gaelleberny-magnetisme.com/

(photo d’article : Pinterest)

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