Une grille de lecture qui fait (enfin) sens : les tisserands.

J’ai lu ce livre : les tisserands, d’Abdennour Bidar. Une oeuvre nécessaire à notre temps, qui m’a ouvert un espace intérieur immense… Je vous partage ici pourquoi.

Vous le savez peut-être déjà, ou pas, mais mon parcours est un parcours éclectique : transport international routier (en France, en Irlande et en Allemagne), puis consulting dans le monde bancaire (le chèque, la carte à puce…), puis une ou deux expériences dans les RH (recrutement, ou encore coach pendant près de 2 ans dans une coopérative de l’économie sociale et solidaire auprès d’une centaine d’entrepreneurs, souhaitant tous « se lancer »)… Et pour finir où ? Depuis 13 ans, je suis une guérisseuse, combinant ma certification en kinésiologie et mes dons en magnétisme pour équilibrer les gens, aussi bien à distance qu’en présentiel à mon cabinet. Et enfin, je suis « à ma place » ! Et enfin tous mes métiers d’avant « font sens » car ils m’ont permis de côtoyer des gens de toute la société : des conducteurs de camions aux patrons du monde bancaire (avec moquette sous leurs pieds et salles de réunions en marquetterie ouvragée dans les beaux couloirs de BNP PARIBAS au 1 boulevard Haussmann à Paris par exemple….) j’ai causé avec des gens de toutes extractions sociales, découvrant que je ne craignais pas les galons des gens, et que je peux parler vrai autant à un chauffeur routier (avec sa langue fleurie…) qu’à un DAF de Crédit Agricole (qui ne voyait pas clair sur un projet parce que tout le monde lui planquait tout).

Et dans mon cabinet de thérapeute, je retrouve cette diversité sociale : j’ai bossé 11 ans à côté du siège de l’usine SEB dans le dijonnais (et les ouvriers autant que les cadres me consultaient) et un beau jour, un préfet du centre de la France est même venu garer sa Porsche sur mon parking… Ou encore un chef d’un gros service hospitalier du CHU de Lyon qui a fait les 2 heures de route exprès pour me consulter… Je suis faite pour « croiser tous ces fils », et je le fais très bien : car comme vous tous, qui lirez ces lignes, tisserande je suis.

Pourquoi ce livre est important à mes yeux ? Parce que, en tant que « voyageuse multi-métiers » (le terme adéquat c’est « multipotentialiste ») j’ai parcouru des univers tant physiques que mentaux : dans le transport, la banque ou encore l’ESS on ne se représente pas « le monde » de la même façon. Les banquiers ont leur vision (pas besoin de vous la décrire, si ?) et les gens de l’ESS eux, par exemple, sont globalement en guerre contre l’argent (tout en se défendant que « non » mais en fait, pour avoir suivi leurs formations, écouté beaucoup les gens parler, et bien si, ce qui explique l’échec de beaucoup d’entrepreneurs en coopérative d’ailleurs : ils en ont marre du « système » mais vomissent aussi le rapport à l’argent qui est pourtant fondateur de notre monde… Et du coup, ils rament comme jamais à titre perso. Je ne vous dis même pas les situations limites que j’ai vu en étant dans ce poste.) Et dans le fabuleux petit monde des guérisseurs ? Encore un autre univers mental, celui-là pétri de New Age (le truc le plus casse-gueule qui soit de mon point de vue désormais distancié de bien des croyances de mes confrères…) et de choses magnifiques, et absolument délicates qui ont besoin de se faufiler dans ce monde dur, en silence, mais vaillamment, pour oeuvrer là où la trame se déchire.

Dans mon monde des guérisseurs, me sentant « enfin à ma place », j’ai beaucoup cherché (je m’en rends compte aujourd’hui) une grille de lecture valable pour orienter mes actions correctement avec « le monde à venir » qui sera fait, je le sens depuis longtemps, de bouleversements sociaux, de peurs, de mouvements d’espérance, de morts, et d’une bascule si forte du monde que nous peineront à le reconnaître dans 10 ou 20 ans. Mes dialogues de sensitive avec les intelligences de la Nature, depuis 15 ans, m’ont aidée à positionner convenablement mon métier et je le sens aujourd’hui « au bon endroit », dans les Monts d’Arrée, et œuvrant à distance pour les francophones où qu’ils soient dans le monde (ma clientèle se situe en France (individus et familles) et à l’étranger auprès d’un public d’expatriés ravis de trouver cette solution pour les problèmes de santé, de burn-out, de covid, etc.).

Parmi les possibles « grilles de lecture » qu’on trouve dans le monde des guérisseurs pour appréhender le monde de demain, il y a une cohorte de croyances teintées de « certaines âmes pionnières sont venues sur Terre pour défricher le nouveau monde » et « il faut réveiller les consciences ». Je vous donne mon positionnement face à cette grille de lecture que je regarde désormais avec distance : elle ne m’a pas été utile, car elle est source d’un clivage entre soi (« l’élu ») et les autres (« les moutons » est un terme qui finit fréquemment par sortir de notre bouche…) et nous polarise dans une espèce de sentiment de supériorité mal placé qui m’a semblé me rendre plus bête qu’humaine et compassionnelle. J’ai vu les dégâts terribles dans l’univers des guérisseurs au moment de 2021 et de la question vaccinale. Cela m’a fait froid dans le dos. Et la distance avec cette grille de lecture s’est entériné : ce n’est pas le bon moyen pour « tisser du lien » que de prendre nos semblables pour des cons. Même si moi aussi, certains jours, je fatigue de ce que je peux lire ici ou là, ou encore entendre… Cela ne me sert à rien, finalement, de me croire « moins bête que les autres ».

Ce qui m’a plutôt aidée, je trouve, c’est un chemin étrange depuis 2 ans qui a consisté à aller voir très directement et radicalement mes failles. La confrontation m’a beaucoup « piquée » : admettre que je coche toutes les cases de l’autisme Asperger, par exemple, tout en n’étant pas « officiellement répertoriée comme telle » m’a aidée à comprendre mon handicap dans ce monde avec lequel je compose depuis l’enfance. Ou encore explorer comme je viens de le faire les ressorts cachés des structures psychologiques des dépendants affectifs et de ceux qui les aident (les aidants) : voir que j’ai en moi le double profil et que j’en ai bavé pour équilibrer tout ça et que ça chemine encore… C’est cette acceptation de mon humanité blessée, de mes handicaps, de mes névroses de vie, qui finalement m’amènent à plus d’apaisement avec mes semblables. Oui, je suis thérapeute et j’assure dans ce job, mais dans le fond, je suis comme ceux qui me consultent et nombre de mes séances reflètent avant tout une discussion entre deux humains, qui cherchent leur chemin, en partageant leur intelligence profonde. Pas de « sachant » supérieur à l’autre, non : cela n’amène rien de guérisseur.

Alors quand j’ai croisé le livre « les tisserands » j’ai ressenti un profond soulagement : enfin, voilà la grille de lecture qui me manquait ! Oui, c’est ainsi que je veux décoder mes gestes, mes choix, et ce qui fait sens pour moi dans les engagements collectifs : en regardant ce qui retisse la trame du monde déchirée. Et uniquement cela. L’auteur explique que nous avons un triple lien à retisser : le lien au SOI (c’est là que je me positionne pour chacun de mes clients), le lien aux autres (j’agis aussi sur cette régulation / réharmonisation des liens entre vous et les autres) et le lien à la nature (oui, aussi, cela est inclus dans mon travail).

Tout le monde n’œuvrera pas sur le triple lien : le tissage social sera la spécialité de certains, le reconnexion divine celles d’autres tisserands, et le lien à la nature celle d’autres encore. Mais certains sont des tisserands transversaux : j’en fais partie.

Je trouve que cette façon de lire le monde qui vient m’apaise. Voilà pourquoi je vous partage ce livre et vous invite à le lire ET, comme je viens de le faire, à le faire ensuite voyager vers d’autres tisserands… Car notre plus grand problème actuellement, c’est que « tisserands nous sommes » mais pas vraiment conscients de notre masse et de notre action commune, qui pourtant va dans le même sens dans de très nombreux métiers…

Un ouvrage en « reprisage visible » en lien avec un cours suivi en ligne… Le tissage est partout dans mon année 2022 !

Au passage, un commentaire sur Facebook me confiait ce matin avoir eu l’intuition de regarder de plus près son métier, le mot « métier » ! Et oui, là aussi, comprendre que le « métier à tisser » est au cœur du job que nous exerçons… Ou pas. Il nous appartient d’en faire un outil. De le régler correctement pour une juste tension des fils de trame et de chaîne… Afin que le tissu tissé soit solide.

Cette métaphore vous parle-t-elle ? Je suis certaine que oui ! Elle fait vibrer un truc, partout en nous et autour de nous. Pourquoi ? Parce que nous sommes des êtres de liens. De relations. Et que c’est cela qui nous sauvera en sauvant la planète. Pas autre chose, finalement. Juste cette simple et belle notion de tissage.

Prenez soin de vous les tisserands, quel que soit votre métier !

Avec tendresse,

Gaëlle


Praticienne en médecines douces, je travaille en soins énergétiques holistiques à distance (pour les personnes, les animaux, et les lieux).

Retrouvez-moi sur mon blog « Fortifiez vos ailes », et sur mon site professionnel : http://www.gaelleberny-magnetisme.com/

(photo d’article : Pinterest)

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