La puissance de « n’être rien »: de la visibilité à l’invisibilité.

Petite discussion du réveil. Mon compagnon a un ancêtre, allemand d’origine. Le type, à une période, est venu se planquer en France. Changement de nom. Son prénom commençait par un L, et son nom par un T (lettres fictives). Tous ses enfants – et il en a eu un certain nombre – garçons et filles, se sont vu attribuer des prénoms commençant par L. Certains portaient même carrément une combinaison du prénom du père et un bout du nom de famille.

J’observais cette histoire, fascinée, en voyant ce que me montrait ma clairvoyance de tout ça : et ça clignotait sur deux thèmes. Le patriarcat, et la peur du vide.

Ce type, un homme, faisait partie des privilégiés de notre monde. Il a grandi dans un monde qui met l’homme en avant. La testostérone comme valeur fondamentale. Le « nom du père » comme valeur suprême. La réussite associée au masculin qui brille sur scène. Et quand il a fallu se cacher, s’exiler… Panique dans les coursives. L’impensable est remonté à la surface comme une bulle souterraine : moi ? Disparaître ? Mais je suis le ROI DU MONDE, bordel !

Saisie viscérale à l’idée de « n’être plus rien ». Comme si la génétique entrait dans un mouvement de panique : faut laisser une trace !!! Absolument ! N’importe quoi !!! Semer des spermatozoïdes, et surtout, surtout, une « signature » qui dise haut et fort « je ne suis pas mort », ni disparu, ni « rayé de la carte »…

On pourrait en rire. N’est-ce pas ?

Pourtant je vois tous les jours en clientèle des gens qui sont terrifiés à l’idée de…

  • se taire et arrêter de faire du bruit en saoulant leur monde (blessure d’abandon, très bruyante….)
  • Perdre des biens matériels (en lâchant-prise dans un divorce, ou dans un héritage, par exemple)
  • Perdre des relations
  • Laisser leurs enfants vivre et respirer sans chercher à les formater « à leur image »
  • Ne pas poster de toute la journée de leurs news sur les réseaux sociaux. Des fois que « le monde les oublie » (ou les algorithmes). Servitude de notre temps.

Alors ce matin, j’avais envie de vous inviter dans cette toute petite brèche, cette micro-fissure.

Et vous, quelles sont les zones dans lesquelles vous n’imagineriez pas une seconde « n’être plus là », vous retirez, vous taire, faire silence ? Et comment vous sentez-vous à l’idée de cette posture YIN qui se tient « dans le monde » sans faire un seul selfie ? Sans chercher à « exister » ?

Récemment, une de mes clientes, psychologue en structure psychiatrique, me disait qu’elle aimerait changer de job mais que l’entrepreneuriat n’est pas pour elle. Elle n’aime pas l’idée de passer son temps à s’exposer, à promouvoir son image, à parler d’elle encore et encore, pour toucher sa clientèle… Elle préférait le salariat, qui lui amène directement les patients parfaits pour elle.

Il y a des gens qui ont ce goût du retrait, du silence. De la mise en veilleuse. Ces délicats et relatifs invisibles, ont une force immense comparée à tous ceux qui brillent sur les scènes publiques : ils savent le goût du vide de soi. Ils savent que tout ne s’arrête pas là.

Les gens qui ont la blessure d’abandon, sont un merveilleux exemple de ce qu’il convient d’apprivoiser : la solitude. Rester avec soi, juste soi, et cesser de hurler vers les autres pour qu’ils nous prennent en charge. Ces forces qui tempêtent, exigent, réclament, font du bruit pour nous rendre visibles, sont des forces pernicieuses qui génèrent pile ce qu’on voudrait éviter : on nous abandonne, car on fatigue les autres, en relation avec nous. Ceux qui se tiennent dans la blessure de rejet (plus fuyants, plus en retrait constant) ont, eux, une force sourde, cachée, dans leur vécu de solitude : ils n’agrippent pas. Leurs mains sont déjà vides.

Tous ces gens souffrent cependant. Car ils n’ont pas encore compris, et senti, que le vide est toujours plein, et qu’il n’a aucune raison de demeurer « ce néant » que notre esprit s’imagine, et peut créer douloureusement.

En réalité, quand on se détend dans le vide, avec bienveillance pour notre état et nos sensations, alors apparaît le réel. Et il vient avec une sensation d’entourage, de présence, et d’amour qui nous soutient, nous traverse, parfois nous bouleverse. Qu’avions-nous cru de si faux ! En vrai, nous sommes aimés, et cela n’a jamais cessé d’être réel. Nous avons seulement cru des chimères. Et c’est dingue le pouvoir de mise en mouvement de toutes nos chimères intérieures ! C’est dingue tout ce qu’on fait pour « exister et ne pas être rien » ! Tous ces efforts ! Toute cette énergie !

Récupérons-la.

Offrons-nous en retour cette force vitale économisée.

Cessons de courir partout.

Cultivons la présence discrète, sensible, dosée.

Entraînons-nous à des moments d’absence. De solitude.

Goûtons plus souvent ce retrait, qui nous fait du bien.

Étendons notre jardin intérieur jusqu’à ces zones vides de nous.

Détendons-nous doucement dans cet espace chaleureux.

Nous sommes aimés, depuis toujours.

Et tout va bien, même quand plus rien ne parle de nous dans le monde.

With love,

Gaëlle


Praticienne en médecines douces, je travaille en soins énergétiques holistiques à distance (pour les personnes, les animaux, et les lieux).

Retrouvez-moi sur mon blog « Fortifiez vos ailes », et sur mon site professionnel : http://www.gaelleberny-magnetisme.com/

(photo d’article : Pinterest)

N'hésitez pas à laisser un commentaire !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s